ico fx702pSorti vers octobre 1981, soit peu après le PC-1211, le FX-702P a été la réponse de Casio à Sharp. Déjà concurrents dans le domaine des calculatrices, ces deux fabricants japonais ont trouvé dans les ordinateurs de poche leur terrain d'opposition rêvé, où innovation, originalité et performance ont été leurs armes. Et le FX-702P n'en manquait pas...

 

casiologo

 

Douze fois plus rapide que le PC-1211, il embarquait autant de mémoire programmable (1680 octets) que la totalité de la mémoire utilisateur de ce dernier, et apportait des fonctions alphanumériques (certes rustiques) qui manquaient terriblement à son concurrent. Et en prime des fonctions mathématiques poussées, allant de la trigonométrie hyperbolique aux statistiques à deux variables ! Il n'en fallait pas plus pour faire du FX-702P une machine fort performante pour l'époque, mais Casio a été plus loin dans l'originalité : un clavier alphabétique, un Basic à la syntaxe parfois étonnante (PRT au lieu de PRINT, etc...), huit modes de fonctionnement comme ses calculatrices...


Particulièrement adaptée à une clientèle scolaire par ses fonctions mathématiques et statistiques, cette machine a connu un joli succès, d'autant qu'ont été proposés une économique interface-cassette FA-2 puis avec une imprimante peu chère, la FP-10, et qu'étaient annoncés des modules de mémoire supplémentaire pour son logement interne (mais nous y reviendrons...).

 

La machine

Physiquement, le FX-702P se présente sous la façade aluminium d'un boîtier plastique où se pressent, bien rangées au carré comme à l'armée, les 65 touches serrées (ordre alphabétique) de ce petit ordinateur : même la touche EXE de validation n'est pas plus grande qu'une autre, et on la cherche souvent. Deux touches de fonction F1 et F2 permettent d'accéder directement à (presque) tous les ordres et fonctions, d'où un clavier bien chargé mais pratique une fois que l'on en a pris l'habitude. Pas trop épais, il tient en une main, et son afficheur à cristaux liquides de vingt caractères (non graphique) est extrêmement lisible, avec réglage de contraste. Enfin, une prise 7 broches sur le côté permet la connexion des périphériques, et un connecteur (sous trappe) attendra longtemps un module de mémoire qui ne viendra jamais...


Par contre, son étui de protection aussi fin que souple ne protège guère que de la poussière, et son boîtier mi-aluminium, mi-plastique a tendance à se courber assez facilement, ce qui génère de mauvais contacts au niveau des piles.

 

casio fx702p

 

Utilisation directe

Suivant le MODE (de 0 à 8) choisi, nous avons une calculatrice extrêmement perfectionnée (10 chiffres significatifs et exposant jusqu'à+/-99), et de l'autre un ordinateur programmable en Basic rapidement via les touches de fonctions F1 et F2 donnant accès à la quasi-totalité des fonctions. Par contre, l'éditeur montre vite ses limites : outre l'impossibilité de rappeler une formule de calcul (on peut juste rappeler son résultat par la touche ANS), on souffre vite en programmation : LIST obligatoire pour accéder à une ligne, fonction d'insertion et de destruction du caractère...précédent (backspace sur la touche C), mais impossible de se promener dans une liste comme avec un Sharp : on ne peut que passer d'une ligne à sa suivante par la touche EXE (qui valide donc au passage la ligne en cours). Heureusement qu'il reste les touches de déplacement horizontal (dans la ligne). Le pire est pour arrêter un programme : la touche STOP le stoppe provisoirement (reprise par touche CONT), et la touche AC l'arrête définitivement. Sauf sur un INPUT où il faut faire MODE 0... Bref, ce n'est toujours très pratique, mais on y arrive !


Le tout avec une mémoire de 1680 octets programmables, transformables par paquet de 10 variables (par l'ordre DEFM, non programmable !) en un maximum de 206 variables, plus 238 octets de variables fixes (A à Z ou A$ à Z$ et $). Une extension mémoire (vraisemblablement ROM) était prévue, mais...on l'attend toujours !

 

Programmation

Le Basic conçu par Casio est résident, et d'une syntaxe assez originale : PRINT devient PRT, GOSUB s'écrit GSB et IF A=1 THEN B=2 devient IF A=1 ; B=2 alors que IF B=2 GOTO 100 s'écrit IF B=2 THEN 100, etc... De même, CLEAR devient VAC et ne cherchez pas NEW : il faut taper CLR ! Simple en ce qui concerne les ordres de programmation : pas de READ..DATA..RESTORE, ON..GOTO ou ON..ERROR, pas de PEEK ou de POKE, ni son ni graphisme à l'écran mais un affichage permanent durant l'exécution et un INKEY$ (écrire KEY...) autorisant les jeux de réflexe que sa rapidité rend intéressants. Mais sa puissance réside plutôt dans ses très nombreuses fonctions : mathématiques, statistiques sur une ou deux variables, trigonométrie hyperbolique, factorielle, etc...sur dix chiffres significatifs et un exposant jusqu'à +/-99, c'est vraiment complet. Pour les fonctions alphanumériques, ça le fait déjà moins : comparaisons, LEN, pas de VAL et une seule variable $ acceptant trente caractères sur laquelle porte l'ordre MID$ (enfin MID en Casio). Beaucoup d'acrobaties avec redécoupages successifs pour ranger tout cela dans les variables ordinaires A$ à Z$ n'acceptant que sept caractères...Rustique, mais au moins cela existe, contrairement à son concurrent...


On pourrait se consoler avec sa rapidité (moins de deux secondes pour faire cent boucles) ou avec ses dix zones de programmation P0 à P9 (permettant ainsi de faire coexister facilement plusieurs programmes en mémoire), s'il n'y avait sa gestion des variables : certes, on peut les adresser en tableau à une ou deux dimensions (dix éléments maximum dans ce cas), mais elles restent toutes confondues entre elles : A, A(0) ou A(0,0) sont la même variable, de même que K et A(9), L et B(0) ou A(1,0)...Et à condition de ne pas oublier de réserver le nombre nécessaire par un DEFM préalable (et manuel : ordre non programmable). Comme Sharp avec son éditeur et le mode RESERVE, Casio reprendra ces caractéristiques de gestion des variables sur la majeure partie de ses productions ultérieures (pas de chance !).


Bref, un langage assez puissant, des fonctions numériques très nombreuses, mais ce n'est pas une machine de débutant: il faut savoir l'apprivoiser, d'autant que sa notice est mauvaise, très mauvaise... Un livre complémentaire tel que "A la découverte du FX-702P" de Jean-Pierre Richard (éditions du P.S.I., ISBN 978-2-86595-055-3) n'est pas de trop !

 

Périphériques dédiés

  • L'interface-cassette FA-2 est un petit berceau sur lequel vient se glisser le FX-702P, et qui permet le raccordement à un magnétophone à cassettes. A noter que cette interface est compatible avec les FX-501P/502P et FX-601P/602P du même constructeur, d'où le commutateur "CAL, MUSIC". Mais le FX-702P ne sait pas en jouer, lui...Par contre, les sauvegardes sur cassettes sont fiables et efficaces, même si l'ordre de vérification ne compare pas le contenu de la cassette avec celui de la mémoire, mais est juste un contrôle de parité de l'enregistrement. A noter qu'il était livré avec un étui souple aussi peu protecteur que celui de l'ordinateur...
  • L'imprimante FP-10 est une petite imprimante matricielle non graphique de 20 caractères par ligne à la technologie (relativement courante pour l'époque, mais disparue actuellement) particulière : c'est une imprimante à arc électrique sur papier électrosensitif, c'est-à-dire que la tête d'impression produit un arc électrique avec le papier aluminisé (donc conducteur) qui vaporise la couche superficielle d'aluminium. En fait, cela marche très bien (mieux que sur une Sinclair ZX Printer), et ces impressions n'ont pas la fragilité du papier thermique : pas d'évanouissement à la chaleur ou au soleil. Somme toute, c'est un bon compromis entre coût (très faible) et résultat. A condition d'avoir ce fameux papier électrosensitif ! A noter qu'elle peut se connecter directement sur le FX-702P ou par l'intermédiaire de la FA-2 (d'où le sélecteur "PRT, MT, PRT/MT" : imprimante, magnétocassette, ou les deux à la fois). Comme la FA-2, la FP-10 est compatible avec les FX-501P/502P et FX-501P/602P de Casio, ce qui a amené nombre d'amateurs de l'époque à pratiquer des manoeuvres hasardeuses pour obtenir l'impression des caractères minuscules de ces deux dernières machines par le FX-702P (privation de piles pendant quelques secondes ou manipulations logicielles à base de lignes de TOTO.. (sic !) pour saturer la mémoire, on était prêt à tout en 1981 pour tirer la quintessence de son équipement, et lui faire faire ce qu'il n'était pas prévu pour faire !).

 

casio fp10

 

Quelques ruses

Comme déjà signalé, CLEAR devient VAC, NEW devient CLR. Mais on a aussi quelques sucreries : LIST ALL affiche (ou imprime) toutes les zones-programmes, et LIST V les variables. Quant aux autres ordres, il suffit de lire les fonctions F1 (rouges) ou F2 (bleues) figurant au-dessus ou au-dessous des touches pour retrouver les abréviations à la mode de Casio...
Pour utiliser l'imprimante FP-10, rien de plus simple : MODE 7 imprime tout ce qui passe par l'afficheur, et MODE 8 revient au fonctionnement normal (ordres programmables en tapant MODE en toutes lettres). Et c'est tout ce qu'on peut faire avec...

 

Evolution

Un curieux dérivé verra le jour fin 1982: le FX-801P, qui est en fait un FX-702P avec un clavier QWERTY de grande taille, une imprimante matricielle 20 caractères par ligne (thermique, pas électrosensitive) et un magnétocassette (à microcassettes), le tout intégré dans un boîtier de format A4. Assez pratique par son intégration des périphériques, il n'aura aucun succès, notamment en raison de sa sortie tardive. Mais on peut supposer que Sharp s'en inspirera avec le CE-125, (extension imprimante et magnétophone à microcassettes intégré) de son PC-1251...


Par contre, on ne verra jamais les modules-mémoire (abandonnés fin 1982) prévus pour son logement interne, qui restera définitivement vide. Tout ce qu'on en sait, c'est que le Basic du Casio comporte l'ordre ROM demandant un paramètre de 1 à 199.

 

casio fx702p plus

Une très belle intégration "home made" d'un magnétophone à l'ensemble FX-702P + FA-2

 

Le coin du collectionneur

Le FX-702P est une machine très courante et sans problèmes fréquents, mis à part sa tendance à se courber et donc à faire de mauvais contacts avec ses piles (dans ce cas, redresser les pattes de contact des piles suffit généralement). Heureusement, car il est bien difficile de la démonter sans casser les clips plastiques qui retiennent les deux moitiés du boîtier !


Par contre, le papier électrosensitif CMP-36 (en anglais : electrosensitive paper) de son imprimante FP-10 est quasi-introuvable : à ma connaissance il restait en 2008 trois fournisseurs au monde qui en avaient encore (MEGATRON réf. MPA-ME-59-40-1 en France, DIAGRAMMA réf. 5911006.001 en Suisse et EASTERN ACOUSTICS réf. 701 aux U.S.A., voir leurs sites sur Internet), en rouleaux de 60mm à recouper en 35mm de large (c'est faisable en coinçant le rouleau sur un foret de perceuse, et tout en faisant tourner la perceuse, trancher avec un cutter à lame épaisse à la largeur correcte : contrairement à du papier thermique, cela ne laisse pas de traces noirâtres sur les bords du rouleau). Et attention au fragile capot plastique couvre-papier de cette imprimante : il est indispensable pour positionner correctement le papier par rapport à la tête d'impression (sinon, pas d'impression...).

 

Caractéristiques techniques : Casio FX-702P Programmable calculator

Généreux donateur : Philippe Striolo (février 2001)

Microprocesseurs : CMOS LSI et autres (1)
Système de calcul : priorité algébrique avec les quatre opérations, puissance, fonctions trigonométriques, hyperboliques et leurs inverses (en degrés, radians ou grades), conversion décimale -> sexagésimale et inverse, logarithme et exponentielle, racine carrée, signe, valeur absolue, partie entière et fractionnelle, arrondissement, statistiques avec régression linéaire sur 1 ou 2 variables, factorielle sur 10 chiffres significatifs (12 internes) et exposant +/-99 (1)
Langage de programmation : Basic adapté Casio en ROM Mémoire : mémoire constante CMOS de 1886 octets utilisateur (dont 208 pour les 26 variables fixes (A->Z ou A$->Z$) et 1680 pour le programme, manuellement négociables par paquet de 10 variables (coûtant 80 octets), dix zones indépendantes de programmation Niveaux : 10 de données, 20 de fonctions, 10 de sous-programmes, 8 de boucles FOR..NEXT (1)

Afficheur : LCD alphanumérique (sur fond vert), 1 ligne de 20 matrices 5x7 (1) non graphique, contraste réglable
Connecteurs : 1x 7 broches Casio, 1x11 contacts Casio interne
Dimensions : 165x82x17mm (1)
Poids : 176 g (1)
Alimentation : 2 piles lithium type IEC CR-2032 3V DC (1)
Autonomie : 240 heures (1)

Accessoires d'origine : étui souple, mode d'emploi (84 pages en français), bibliothèque de programmes (152 pages en français pour 73 programmes) (1)
Date de sortie en France : octobre 1981 (première publication dans l'Ordinateur de Poche n°3)
Prix public : 1320 francs (octobre 1981)

(1) : données constructeur

 

Caractéristiques techniques : Casio FA-2 Cassette interface

Connecteurs : 1x 7 broches Casio, câble non détachable 3 prises jack mâles (3.5mm EAR noire et MIC blanche, 2.5mm REMOTE grise) pour un magnétophone

Dimensions : 225,5x101,5x6,2mm (1) (épaisseur exacte : 22mm)
Poids : 260 g (1)
Alimentation : 3 piles type IEC LR06 1.5V DC (1)

Accessoires d'origine : housse de transport, mode d'emploi (70 pages en deux langues dont 35 en français), overlay pour FX-501P/FX-502P et FX-601P/FX-602P (1)
Date de sortie en France : octobre 1981 (première publication dans l'Ordinateur de Poche n°3)
Prix public :210 francs (octobre 1981)

(1) : Données constructeur
Nota : également compatible avec les Casio FX-501P/502P et FX-601P/602P

 

Caractéristiques techniques : Casio FP-10 Mini Electro Printer

Impression : matricielle par décharge électrostatique sur papier métallisé, 20 caractères par ligne 5x7 (1) ; en réalité sur papier électrosensitif
Vitesse d'impression : 2 lignes/s (1)

Connecteurs : 1x 7 broches Casio sur câble non détachable, prise d'alimentation externe
Dimensions : 157,5x82,5x43,5mm (1)
Poids : 372 g. (1)
Alimentation : 4 piles type IEC LR06 1.5V DC, bloc d'accumulteurs NP-4M et chargeur/adaptateur secteur optionnels
Autonomie : environ 9000 lignes (1) avec piles alcalines

Papier : électrosensitif en rouleau de 35mm par 26,5mm de diamètre type Casio CMP-36 (pour remplacement, voir "le coin du collectionneur" ci-dessus)

Accessoires d'origine : deux rouleaux de papier, manuel (en trois langues, dont 28 pages en français)
Date de sortie en France : octobre 1981 (première publication dans l'Ordinateur de Poche n°3)
Prix public : 550 francs (octobre 1981)

(1) : Données constructeur
Nota : également compatible avec les Casio FX-601P/602P (et FX-501P/502P même si le manuel ne le dit pas)

 

Référence : les revues de l'époque

  • Publicité Casio parue dans l'Ordinateur Individuel n°38 page 6 (juin-juillet 1982)

  • FX-702P : voir le banc d'essai de l'Ordinateur de Poche n°4 page 34 (décembre 1981)

  • FX-702P : voir le galop d'essai de l'Ordinateur Individuel n°33 page 111 (décembre 1981)

  • FP-10 : voir le galop d'essai de l'Ordinateur Individuel n°34 page 133 (janvier-février 1982)

  • FX-702P : qu'y a-t'il à l'intérieur ? Voir l'Ordinateur de Poche n°16 page 53 (septembre 1983)

 

 

 

 

Go to Top