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Sortie en 1977, la Texas Instruments TI-57 Programmable est vite devenue un incontournable, vendue par centaines de milliers, et pourtant ce n'est qu'une calculatrice programmable très limitée, mais avec un argument de taille : son prix !

tilogo

 

En effet, elle coûtait moins de 300 francs et pour ce prix, on avait les fonctions scientifiques et trigonométriques de base, statistiques sur une seule variable mais surtout...50 octets (oui, cinquante !) programmables en langage machine spécialisé (LMS). Et ce minimum était bien assez pour s'initier à la programmation, et elle est devenue un classique sur laquelle une génération de programmeurs ont fait leurs classes !

 

La machine

Dans un boîtier en plastique léger, très léger (celui de toute la série "Majestic"), se trouvent donc un afficheur à diodes (8 chiffres plus 2 pour l'exposant en notation scientifique), quarante touches aux rebonds fréquents (avec touche de fonction seconde 2nd et de fonction inverse INV pour démultiplier les fonctions) et un pack de batteries qui donne un peu de poids à cette machine de fabrication très, très économique : tellement économique qu'à l'intérieur, vous n'y trouverez que trois composants discrets et UN circuit intégré pour tout faire ! Ce qui explique ses capacités très limitées, mais n'oubliez pas qu'elle a été conçue en 1977, une époque où 32 Ko sur un ordinateur individuel en faisait un matériel de professionnel, à un prix inaccessible au particulier !

Livrée avec un manuel "se voulant didactique" et un étui à bouton-pression (dont le bouton finit par marquer la façade !) ou à fermeture-éclair, et bien sûr son indispensable adaptateur-secteur.

 

Utilisation directe

C'est dans ce domaine que les calculatrices programmables excellent : le calcul avec directement toutes les fonctions accessibles, d'autant que la TI-57 fonctionne selon le principe de priorité algébrique des opérations (autrement dit, 5 x 2 + 3 = 13 car la multiplication est prioritaire sur l'addition), appelée AOS par Texas Instruments. Beaucoup plus facile d'accès que la notation polonaise inversée (RPN de son concurrent Hewlett Packard), mais plus lourde en pratique, notamment par la nécessité d'utiliser des parenthèses pour modifier l'ordre de priorité préprogrammé (autrement dit, 5 x (2 + 3) = 25 car le calcul entre parenthèses est prioritaire sur la multiplication). Cela en fait une calculatrice scientifique suffisante pour des besoins scolaires, sans plus. Seul souci : son autonomie ne dépassant pas trois heures de fonctionnement (les diodes de l'afficheur sont gros consommateurs !).

De toute manière, les deux écoles (AOS contre RPN, touche = contre touche ENTER) s'affrontaient déjà avant les programmables, et elles ne manquent pas d'arguments...même si actuellement, il ne reste presque plus de calculatrices "parlant" RPN !

 

ti57

 

Programmation

C'est ce qui a fait le succès d'une machine de 300 francs, malgré ses maigres 50 octets (ou pas) de programme. Car, comme une grande, l'essentiel est là pour faire de vrais programmes : tests (x=t, x>=t et leurs inverses), adressage symbolique (Lbl pour étiqueter un pas et GTO pour y aller), boucles (Dsz : Decrement and Skip if Zero et son inverse), sous-programme (par SBR et INV SBR pour le retour) et huit mémoires de données pour les calculs intermédiaires, c'est suffisant pour faire de vrais programmes nécessitant des calculs, des prises de décision (si x égale zéro alors faire...), bref apprendre les rudiments de la programmation. Car malgré tout, cinquante pas de programme (chacun d'entre-eux représentant une touche ou une combinaison de touches), c'est très vite rempli, et vite oublié : la TI-57 n'a pas de mémoire constante (éteignez et tout est à retaper).

Même son éditeur est très correct pour l'époque : SST et BST pour se balader dans la liste (ils ne sont pas à répétition, mais cinquante pas sont vite parcourus), Ins et Del pour insérer ou détruire un pas de programme. Bien sûr, celui-ci s'affiche sous forme de codes : numéro de pas sur deux chiffres, suivis de deux chiffres représentant une touche (le premier étant celui de la ligne et le second celui de la colonne du clavier, augmenté de 5 si c'est une fonction seconde et précédé de - si c'est une fonction inverse) et éventuellement d'un chiffre pour son argument. Par exemple, 11 32 3 signifie qu'au pas n°11, il y a STO 3 (troisième ligne, deuxième colonne, le "3" étant son argument) qui est l'ordre de stocker le nombre affiché en mémoire n°3 et de même 14 -18 représente INV 2nd Log au pas n°18.

Et si vous vous demandez ce qu'on peut faire en 50 pas de programme, voici un court, très court exemple :

 

RST : retourne au début de la mémoire-programme
LRN : entre en mode programme

2nd Exc 7 (code 00 38 7) : échange l'affichage avec la mémoire n°7
SUM 7 (code 01 34 7) : additionne l'affichage avec le contenu de la mémoire n°7
2nd Pause (code 02 36) : pause permettant de lire l'affichage
RST (code 03 71) : retourne au début de la mémoire-programme (mais n'arrête pas l'exécution)

LRN : sort du mode programme
RST : retourne au début de la mémoire-programme

1 R/S (run/stop : une première pression lance l'exécution, une seconde l'arrête)

et la suite de Fibonacci défile devant vos yeux ébahis...en quatre pas de programme !

 

Périphériques dédiés

Aucun. Pour quoi faire, d'ailleurs ?

 

Quelques ruses

La plus utile de toutes : la mémoire constante ! Eh oui, il n'y en a pas d'origine, mais une étrange manipulation permet d'obtenir son équivalent, à savoir l'extinction de l'affichage, en programmant les trois derniers pas ainsi :

Programmer les trois derniers pas de programme comme suit :
GTO 2nd 47 LRN 2nd Exc SST 2nd Lbl 1 R/S LRN .

Pour éteindre, faire :
GTO 2nd 47 R/S INV STO 3 +/- +/-

Et pour rallumer:
INV 2nd Fix, c'est tout et toute la mémoire est conservée !

Pour la petite histoire, avec cette manipulation, la machine se retrouve en fait en Fix -2, ce qui fait donc disparaître tout affichage...

 

Evolution

Esthétiquement, deux versions ont existé, avec la marque "Texas Instruments" et son logo moulés ou imprimés.

Egalement commercialisée par Tandy Radio Shack, sous le nom de Radio Shack EC-4000 (marque et logo imprimés), ainsi que par la firme Hiradàstechnika sous le nom de PTK-1050, pour le marché local hongrois (marque et logo ré-imprimés).

D'autres machines ont porté le nom "57", mais sans le mériter totalement : les TI-57LCD puis TI-57 II (1982), encore plus réduites en matière de programmation (48 pas OU 7 mémoires, autres fonctions de la 57 originelle conservées) avec un nouveau boîtier à affichage à cristaux liquides et une mémoire constante. Leur mémoire encore plus limitée ne permettait pas d'utiliser la quasi-totalité des programmes conçus pour la "vraie" 57.

 

Le coin du collectionneur

Ces machines de faible valeur, fabriquées par centaines de milliers, ne sont pas rares. Par contre, difficile d'en trouver une en bon état de fonctionnement, d'autant que sa fiabilité n'a jamais été exemplaire (clavier rebondissant, électronique du bloc d'accumulateurs vieillissant mal, notammant). Préférer une machine livrée avec son adaptateur-secteur (prise spécifique) et un étui à fermeture-éclair, qui fait moins de dégâts que celui à bouton-pression (marques sur la façade).

Evidemment, prévoir un changement des accumulateurs NiCd, souvent trop fatigués pour être encore opérationnels, mais possible après ouverture du bloc BP-7, qui renferme deux accumulateurs type KR-06 (taille AA) et un peu d'électronique.

Datation d'une TI-57 : les quatre premiers chiffres du numéro de série représentent la semaine et l'année de production : ainsi, 4779 signifient 47ème semaine (fin novembre) de 1979.

 

Caractéristiques techniques : Texas Instruments TI Programmable 57

Première acquisition : août 1998

Microprocesseur : TMC1501 monochip

Système de calcul : priorité algébrique avec les quatre opérations, puissance, fonctions trigonométriques et leurs inverses (en degrés, radians ou grades), conversion polaire -> rectangulaire et inverse, logarithme et exponentielle, racine carrée, puissance, signe, valeur absolue, partie entière sur 11 chiffres significatifs (8 affichés) et exposant +/-99 ; fonctions statistiques de base sur une variable
Langage de programmation : Langage Machine Spécialisé Texas Instruments
Mémoire : mémoire non constante de 50 pas de programme et 8 mémoires, soit 114 octets

Afficheur : à diodes électroluminescentes rouges, 1 ligne de 8+2 chiffres (pour l'exposant)
Connecteurs : néant
Dimensions : 148x78x36mm
Poids : 180 g.
Alimentation : bloc d'accumulateurs BP-6 ou BP-7 (renfermant deux unités Nickel-Cadmium type KR-06)
Chargeur : Texas Instruments AC-9900H (pour BP-6) ou AC9900/R (pour BP-7) à prise spécifique (1)
Autonomie : 3 heures

Accessoires d'origine : étui, manuel (98 pages en français), chargeur
Date de sortie en France : 1977
Prix public : 300 francs maximum

 

Référence : les revues de l'époque

  • "Qu'y a t'il dans une TI-57 quand on l'ouvre ?" dans l'Ordinateur de Poche n°6 page 40 (mai-juin 1982)

 

 

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