ico ti62La TI-62 Galaxy aurait pu être une machine intéressante : elle aurait représenté une parfaite remplaçante pour la TI Programmable 57 qui depuis 1977 commençait à prendre de l'âge...si elle était sortie en 1981 et non en 1986 ! A cette époque, elle était juste obsolète : les premières calculatrices graphiques arrivaient...

 

tilogo

 

Et c'est dommage, car elle représente ce que tout possesseur de TI-57 aurait voulu : une programmation "en clair" grâce à l'afficheur partiellement alphanumérique, un peu plus de mémoire (constante), des fonctions supplémentaires (factorielle, statistiques, etc...). Au lieu de cela, la TI-57 a été remplacée (dès 1981) par une 57LCD aux performances inférieures, et cette 62 n'est arrivée que cinq ans après !

 

La machine

Dans un boîtier joliment dessiné avec un pan incliné pour améliorer la lisibilité de l'afficheur (c'est en fait celui de la TI-66), un bel afficheur qui n'a pas besoin de réglage de contraste pour afficher 10 chiffres ou 5 caractères alphanumériques (uniquement pour indiquer les fonctions), et un clavier de 45 touches à déclic doux, beaucoup plus agréable que la mollesse d'une TI-66 ou les rebonds d'une TI-57LCD... Au dos, une trappe pour deux piles à l'oxyde d'argent, et le tour est (vite) fait.

Témoin de la clientèle visée, elle était livrée dans un étui rigide en plastique bleu, épais, mou et gras mais apte à encaisser tous les chocs imaginables dans un sac d'école...et avec le même défaut que tous les autres étuis TI : des "charnières" de plastique plié, qui n'ont pas une longue durée de vie...

 

Utilisation directe

Comme calculatrice scientifique, on a tout l'essentiel : trigonométrie (en degrés, radians et grades) et leurs inverses, factorielle, statistiques sur deux variables, conversions rectangulaires en polaire et inverse, et jusqu'à onze mémoires avec possibilité d'opérations directes (STO + - * / mais aussi puissances), le tout en priorité algébrique des opérations (le système AOS cher à TI), sans doute plus simple à appréhender que le RPN (cher à HP), mais pas économe en parenthèses. Bref, une honnête machine, mais comme tant d'autres...

Une curiosité en passant : lors de l'appui sur une touche, l'afficheur affiche brièvement le nom de la touche. Amusant en mode calcul, cela devient plus problématique en cours d'exécution d'un programme...

 

ti62

 

Programmation

C'est une TI-57 en mieux : plus de mémoire (enfin négociables entre pas de programme et registres de mémoire), un Langage-Machine Spécialisé identique et donc suffisant, avec tests, boucles (par DSZ), branchements (GTO symbolique vers étiquettes LBL 0 à 9 ou F et G) et sous-programmes (SBR et INV SBR), et même quelques améliorations : deux touches d'appel direct de sous-programme (F et G, agissant comme les touches A à E d'une TI-58 ou 66), trois niveaux de sous-programmes et six tests (avec leurs inverses), toujours un seul pas de programme par fonction (y compris son éventuel argument), un mode Trace bien agréable pour suivre le déroulement d'un programme et même un ordre List parfaitement inutile (puisque listant le programme à l'écran trop rapidement pour le lire, mais comme il restait une place sur une touche...). L'éditeur est lui aussi correct : BST et SST pour consulter la liste du programme, insertion automatique et conversion automatique des mémoires en pas de programme (jusqu'à 100).

Par contre, l'exécution d'un programme révèle une bien mauvaise surprise : les ordres exécutés sont brièvement affichés, ce qui rend son exécution très, mais alors vraiment très lente (plus d'une minute pour compter de 1 à 100 !). Et comme en plus les nombres utilisés lors de calculs sont eux aussi affichés de la même manière, adieu les jeux du genre "nombre secret"... Bref c'est d'autant plus inutile et désagréable que le mode Trace optionnel fait la même chose (mais en plus lisible) ! C'est vraiment dommage, car pour le reste cette machine est agréable à l'emploi, même si ses performances étaient dépassées à l'époque...

Le meilleur et le pire : en 1981, ses capacités auraient été jugées bonnes, son affichage très agréable et sa lenteur déprimante. Mais en 1986, neuf années après la sortie de la TI-57, machine qui lui est globalement comparable, c'est à désespérer !

 

Périphériques dédiés

Aucun. Pour quoi faire, d'ailleurs ?

 

Quelques ruses

Il y a des ordres "secrets" ou presque sur ce clavier : en effet, la touche INV inverse bel et bien la majeure partie des ordres. Exemple : INV 2nd Intg (inverse de la partie entière d'un nombre) donne bien la partie fractionnelle (affichée FRAC par la machine) ; de même, INV 2nd lxl (inverse de la valeur absolue) donne la fonction SGN (signe), ce qui n'apparaît pas sur le clavier.

 

Evolution

Plusieurs machines ont partagé le design de son boîtier issu de la TI-66 Programmable : Galaxy Junior, Galaxy 10, 30 Galaxy et SLR, 35 et 37 Galaxy et Galaxy Solar, 52 et 52 Solar, 65 ; puis sous une forme arrondie les Galaxy 9, 9X, 40, 40X, Galaxy 67 ultérieures., mais seules les TI-62 et 65 partagent le même clavier. Ces machines sont les seules Texas Instruments en format horizontal.

 

Le coin du collectionneur

Ces machines de faible valeur, fabriquées en grande quantité, ne sont ni rares ni chères, d'autant que leur peu d'intérêt n'excite en général pas la convoitise des collectionneurs... Seule précaution : vérifier l'état des "charnières" en plastique plié de l'étui.

Datation d'une TI-62 : les quatre chiffres du numéro au dos de la machine représentent la semaine et l'année de production : ainsi, 0888 signifient 8ème semaine (fin février) de 1988.

 

Caractéristiques techniques : Texas Instruments TI-62 Galaxy

Première acquisition : octobre 2002

Système de calcul : priorité algébrique avec les quatre opérations, puissance, fonctions trigonométriques et leurs inverses (en degrés, radians ou grades), conversion polaire -> rectangulaire et inverse, logarithme et exponentielle, racine carrée, puissance, signe, valeur absolue, partie entière sur 11 chiffres significatifs (8 affichés) et exposant +/-99 ; fonctions statistiques sur deux variables, factorielle
Langage de programmation : Langage Machine Spécialisé Texas Instruments
Mémoire : mémoire constante de 42 pas de programme et 10 mémoires (plus le registre t), automatiquement négociables jusqu'à 100 pas de programme et 1 mémoire (plus registre t)

Afficheur : à cristaux liquides, alphanumérique (5 premiers caractères), permettant d'afficher dix chiffres, un exposant sur deux chiffres ou un nombre de pas sur trois chiffres supplémentaires, ainsi que 24 indicateurs...
Connecteurs : néant
Dimensions : 144x87x20mm
Poids : 113 g.
Alimentation : 2 piles type IEC SR44 1.55V

Accessoires d'origine : étui, manuel d'utilisation (74 pages en français)
Date de sortie en France : 1986

 

Référence : les revues de l'époque

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