ico ti55iiLancée en 1981, la TI-55-II est une représentante typique de la seconde génération des calculatrices scientifiques "moyenne gamme", disposant d'un afficheur LCD, de fonctions scientifiques et statistiques poussées et d'une capacité de programmation limitée pour un prix encore raisonnable pour ceux qui ne voulaient (ou ne pouvaient) pas investir trop et avoir quand même des fonctions (relativement) évoluées.

 

tilogo

 La machine

C'est une jolie machine a la forme bien étudiée : écran à cristaux liquides incliné vers l'utilisateur affichant (enfin) huit chiffres plus exposant éventuel (au lieu des 5+2 encore courants à l'époque), une belle sérigraphie en couleurs harmonieuses, c'est le même boîtier que sa cousine bleuâtre TI-57LCD. Et c'est la même qualité de clavier aussi, c'est-à-dire déplorable : l'on disait souvent à l'époque que le suffixe II de la TI-55 désignait le nombre moyen de pressions de touches nécessaires pour obtenir une fonction... Inacceptable pour le prix demandé !

Au dos, une trappe à piles et c'est tout : logique pour une machine dont les performances limitées ne nécessitent guère d'extensions... Livrée dans un étui souple protégeant peu la machine des inévitables chocs qu'elle recevra dans un sac de collégien ou de lycéen, puisque telle est sa destination logique : la clientèle scolaire.

 

Utilisation directe

Il suffit de lire le clavier pour constater la richesse des fonctions : trigonométrie hyperbolique, permutations, combinaisons, factorielle, statistiques sur deux variables, étude de régression linéaire et d'intégrale, plusieurs conversions d'unités et jusqu'à huit mémoires (négociables en pas de programme), cela couvre la majeure partie des besoins en matière de calcul mathématique jusqu'au baccalauréat, et même au-delà. Mais il suffit d'utiliser ce clavier pour constater le défaut qui gâche une machine par ailleurs bien conçue : rebonds ou pressions de touches non prises en compte, c'est un peu un jeu de hasard !

 

ti55ii

 

Programmation

Là par contre, c'est "service minimum" :

  • 2nd Part pour négocier la mémoire programme (de 56 pas et 1 mémoire à 0 pas pour 8 mémoires)
  • 2nd CP pour effacer cette mémoire-programme
  • LRN pour entrer et sortir du mode de programmation
  • BST, SST, 2nd Ins et 2nd Del pour éditer ce programme
  • R/S pour lancer/arrêter l'exécution (programmable)
  • RST qui renvoie au début du programme (programmable)
  • 2nd Pause pour lire un résultat intermédiaire sans arrêter le programme (programmable).

C'est bien maigre, mais suffisant pour programmer une fonction mathématique pour en calculer l'intégrale grâce à la touche ⟆dx. Manifestement, ce mode n'est prévu que pour cela. Cette mémoire-programme est constante, mais comme l'utilisation des fonctions statistiques nécessite les mémoires 3 à 7, c'est fromage ou dessert : statistiques ou programme mais pas les deux à la fois...

 

Périphériques dédiés

Aucun, ce serait inutile.

 

Quelques ruses

La moindre utilisation des fonctions statistiques Σ+ ou 2nd Frq bascule automatiquement en mode statistique et redéfinit la partition mémoire (puisqu'il lui faut les huit mémoires dans ce cas). Ce qui signifie que le programme est perdu, puisque ces huit mémoires sont obtenues aux dépens des 56 pas... Pour en sortir, 2nd CSR puis 2nd Part pour redéfinir la partition...

A noter également une syntaxe particulière pour les fonctions de permutations et de combinaisons : pour n=5 et r=2, taper 5.002 2nd nPr ou 2nd nCr.

 

Evolution

Le suffixe II de cette machine est justifié par son ancêtre la TI-55, machine à affichage LED de la série Majestic qui avait déjà des fonctions comparables. Mais comme son clavier justifie aussi ce II (nombre moyen de pressions de touche pour que ça marche), Texas Instruments a corrigé le tir avec la TI-55 III, au clavier enfin fiable mais aux couleurs moins réussies.

A remarquer que la série initiale de TI-55 III a été étiquetée TI-55 II (sans le tiret, mais avec le nouveau clavier) : on peut les différencier plus facilement par la mention figurant au bas du boîtier : "Constant memory" pour l'ancienne 55-II et "PROGRAMMABLE CONSTANT MEMORY" en deux lignes pour la nouvelle 55 II alias 55 III. Et histoire de compliquer encore les choses, signalons qu'en Europe, la TI-55-III a été renommée TI-56 avec trois variations de libellé de bas de clavier...

 

Le coin du collectionneur

Une machine élégante mais banale, qui n'était pas spécialement rare à l'origine bien que trop chère à l'époque, mais qui est devenue de nos jours quasi-impossible à trouver avec un clavier encore utilisable...

 

Caractéristiques techniques : Texas Instruments TI-55-II

Microprocesseur : TP0456 en deux CI : CD4556 (master) et CD4557 (slave)

Système de calcul : priorité algébrique avec les quatre opérations, puissance, fonctions trigonométriques, inverses et hyperboliques (en degrés, radians ou grades), conversion polaire en rectangulaire et inverse, conversions décimal en sexagésimal et inverse, logarithme et exponentielle, factorielle, racine carrée, puissance, signe, valeur absolue, partie entière sur 13 chiffres significatifs (10 affichés) et exposant +/-99 ; fonctions statistiques sur deux variables avec régression linéaire, permutations/combinaisons, intégrale et trois conversions d'unités, pourcentage et variation de pourcentage

Langage de programmation : Langage Machine Spécialisé Texas Instruments
Mémoire : de 1 mémoire et 56 pas de programme à 8 mémoires et 0 pas, négociables (sauf que le mode statistique nécessite le partitionnement à 8 mémoires)

Afficheur : cristaux liquides sept segments pour huit chiffres de mantisse et deux pour l'exposant, cinq indicateurs
Dimensions : 147x79x23mm
Poids : 106 g.
Alimentation : 2 type IEC LR44 DC 1,5V
Autonomie : 750 heures

Accessoires d'origine : étui, manuel d'utilisation
Date de sortie en France : 1981
Prix public : 380 francs (mars 1983)

 

 

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