ico soviet pongLes consoles de type Pong soviétiques sont méconnues en Occident. Elles ont été produites durant les années 1978-1990. Elles furent fabriquées par des usines situées en Russie et en Ukraine. Hors de prix à l’époque, elles sont assez rares aujourd’hui.

 

 

À la chute du mur, ce fut la Dandy, un clone chinois de Famicom, qui s’est naturellement chargé de faire oublier ces Pongs sans grand intérêt ludique.

Fort logiquement, les informations sont rares sur ces machines. Silicium s’est efforcé de faire le point sur ces machines.

La plus ancienne est la Palestra-02 (Палестра-02) de 1978 qui est entièrement analogique. Avec 3 ou 4 cartes de 15 par 10 cm et une alimentation intégrée, c’est un monstre de rusticité créé par l’usine Lvov-49 (aujourd’hui Lviv, en Ukraine). Elle tire son nom de l'ancienne palestre grecque, une pièce fermée destinée à l'exercice de la lutte. Les ingénieurs qui l’ont réalisé ont immanquablement effectué un sacré travail pour réinventer ce qui se faisait en occident. Disponible en bleu, en vert ou en gris, la Palestra-02 sera produite jusqu’en 1980. On évoque un prix de 300 roubles, un tarif astronomique.

 

palestra grise

palestra bleu

palestra verte

 

La même année, elle est rapidement complétée par la Turnir (Турнир pour tournoi) qui utilise un circuit Pong-On-A-Chip américain, le célèbre General Instruments AY-3-8500. Il fut probablement importé au compte-gouttes. C’est une création de l'Institut de recherche expérimentale de Moscou sur les communications radio à longue portée. Cette structure devait surement être de haut niveau et capable de s’approvisionner en composants occidentaux. La Turnir est de bonne facture, mais sa fabrication était logiquement aléatoire. Elle fut disponible en plusieurs couleurs : jaune, blanc, gris ou noir. Son prix débuta à 150 roubles pour finir à 96 en 1982.

turnir white

turnir box

 

En 1978 toujours, un circuit intégré purement soviétique est créé. Il est très proche du 8500. Il s’agit du K145IK17. Dès lors, de nombreuses consoles vont l’employer : l’Elektronika Exi Video 01 ((Экси-Видео-01, 1978, 5 jeux) et l’Elektronika Exi Video 02 (7 jeux, avec un pistolet) sont le fruit de l'usine Exiton de Pavlovsky Posad, près de Moscou. La Video-01 semble avoir été assez bien diffusée par rapport aux deux précédentes, malgré son prix initial de 150 roubles.

exi video 01

 

En 1979, la série Electronika Videosport est lancée par l'usine Binom d’Ordzhonikidze au sud de l’Ukraine. Ce sont consécutivement les Videosport, Videosport-2, Videosport-M et Videosport-3. Elles sont toutes basées sur le K145IK17.

Chaque variante apporte de légères améliorations : La dernière est équipée de fonctions supplémentaires : une mire (générateur de signal de télévision de test GITS), un robot simulant le second joueur, et un fond graphique en noir et blanc. Le Videosport-3 est peut-être le pong soviétique le plus courant et fut produit de 1983 à 1990. En 1989, il se vendait (encore !) au prix de 115 roubles. Ce n’était toujours pas cadeau !

videosport m

 

Extrêmement rare, le téléviseur à tube couleur de 61 cm Rubin TS1-205 fut produit en 1764 exemplaires par l’usine Rubin (РУБИ́Н pour Rubis) de Moscou entre 1981 et 1983. Il intègre optionnellement un pong K145IK17 de 5 jeux avec un affichage en vidéo couleur RVB. Il est très inspiré des Grundig Tele-Spiel. Le prix astronomique était de 850 roubles au moment de la sortie. Mais pour le prix, l’homme nouveau soviétique pouvait surtout regarder la télé.

rubin  ts1 205

 

Beaucoup plus récente, l’Eurêka (эврика) fut produite au milieu des années 90, par l'usine Elektrobytpribor de Kharkov en Ukraine. Elle utilise encore un K145IK17.

eureka

 

La dernière console pong date de l’ère postsoviétique. La Leader (Лидер) utilise pourtant encore le circuit intégré K145IK17. C’est l’usine expérimentale NPO Energia Avtomatika de Pyatigorsk au sud de la Russie. Les informations à son sujet sont rares. Les années de début et de fin de la production sont inconnues. Elle est excessivement simplifiée. Il n'y a que cinq commandes sur le panneau avant. Il n'y a pas de choix de l'angle de rebond de la balle ni même de bouton de réinitialisation. Pourtant, l'alimentation est intégrée. Le service manuel s’effectue avec un bouton sur chaque manette. La Leader existe en trois coloris : bleu, jaune et noir.

leader blue

leader black

 

Découvrez l’ Elektronika Exi Video 01 et pourquoi pas l’Elwro TVG-10 du pays frère polonais.

 

joueuses

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