ico goupil inconnu2Après de nombreuses demandes, Silicium a remis en ligne ses pages sur la saga des machines françaises Goupil. Ces ordinateursfurent crées ou diffusés par la Société de Micro-informatique et de Télécommunication S.M.T.

Nous vous proposons une nouvelle synthèse toujours plus précise, à la lumière de nouveaux éléments qui viennent détailler l’histoire de ce constructeur qui fit couler beaucoup d’encre. N'hésitez pas à apporter votre témoignage pour plus de précision. Il y a encore pas mal de zones d'ombre.

 

goupil logo

L'histoire de Goupil

De 1979 à 1991, ce constructeur indépendant français a réalisé une belle série de machines. Ces choix technologiques ont suivi la bonne voie du compatible PC, mais n'ont pu lutter contre les géants américains ou du Sud-est asiatique. Associée à une gestion catastrophique, la firme française a sombré au bout d’une décennie.

Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de retrouver toutes les informations sur l’histoire de cette société. Nous avons tenté d'établir une liste la plus complète possible, basée sur les pièces que nous avons dans la collection, sur les documents dont nous disposons et sur de nombreux témoignages. N'hésitez pas à apporter votre expérience.

Tout au long de sa vie, la S.M.T. aura un destin proche de France Télécom. C’est logique. Le fondateur de la société, Claude Perdrillat, né en 1946, est un centralien, qui fut chargé en 1977 de la formation des ingénieurs pour les universités et le ministère de l'Industrie puis conseiller technique à la Direction Générale des Télécommunications en 1978.
C’est lors d’un voyage en Californie qu’il déclare avoir compris l’intérêt de la micro-informatique. Il s’associe avec Joseph Rinaudo pour fonder une société et développer un micro-ordinateur. Ils créent la Société de Micro-informatique et de Télécommunication (S.M.T.) Grâce à son puissant réseau, Perdrillat réussi à monter un projet cohérent pour la S.M.T., impliquant le ministère des PTT, des industriels et l’université.
Fort de ses relations, la SMT conçoit le Goupil, un micro-ordinateur ambitieux qui se veut rusé. Cette étonnante machine trahit une certaine inexpérience, mais suggère d’intéressantes innovations comme la communication téléinformatique, plutôt rare en 1979.
Cette première machine, dont la SMT annonce avoir vendu 180 machines est presque exclusivement distribuée aux clubs Microtel dont les premiers furent créés dès 1977 pour promouvoir la micro-informatique auprès du grand public. Ils ont d’ailleurs œuvré à la conception du Goupil.


La machine est présentée au public lors du SICOB d’automne, le grand show informatique de l’époque qui se déroulait au CNIT à la Défense.

goupil

D’autres appuis se révèleront en 1981 quand la gauche viendra au pouvoir. Le gouvernement veut promouvoir une politique industrielle ambitieuse. De 800 0000 F de capital en 1979, la SMT passe à 2.3 millions en 1981, alors même que les ventes ne progressent pas encore vraiment.
Le nouveau Goupil 2 est mis sur le marché en septembre 1981, au SICOB toujours. Quand bien même, le Goupil 2 n’est qu’un Goupil 1 compact et légèrement amélioré, il bénéficie de la généreuse commande publique pour atteindre 23 millions en 1981 et 47 en 1982.
Le Goupil 3 arrive en septembre 1982, toujours sous FLEX. La machine est d’aspect  plus professionnel. C’est d’ailleurs le pionnier du design industriel Roger Tallon qui l’a dessiné. Malgré cela, il conserve encore l’esprit « club Microtel » et offre une fiabilité très relative.

En 1985, le gouvernement de Laurent Fabius confie à la S.M.T. une part importante des marchés « 13000 micros » et du plan « Informatique pour tous. » Des marchés sont attribués à la Banque de France, aux PTT, aux impôts… C’est surement l’âge d’or du constructeur qui vend à plus de 70 % aux seules administrations et grands comptes français.

À partir de 1986, le pouvoir va rapidement délaisser la micro-informatique. Au même moment, le marché professionnel s’oriente vers le micro-ordinateur compatible PC. Difficile dès lors de survivre quand on est un modeste constructeur hexagonal habitué aux mannes de juteux marchés nationaux.
LA SMT reste technologiquement clairvoyante et adapte le Goupil 3 au 8088 et à MS-DOS. C’est le bon choix et la production décolle : avec 800 machines en 1984 puis 16000 en 1985 et 24000 en 1986. Les salariés sont plus de 200. L’introduction boursière se fait en deux temps ; hors-cote en avril 1985 puis sur le second marché en juin 1986.
La croissance est de 30 %. Dans l’euphorie, Perdrillat fait racheter 51 % de la SMT par les salariés en mars 1987.
Le chiffre d’affaires atteint 670 millions en 1987. C’est l’époque de la croissance externe : la division mini-ordinateurs du constructeur SFENA est rachetée en décembre 1987.


En décembre 1989, c’est le créateur de PC et de terminaux Normerel qui est racheté suite à des pressions du pouvoir politique.
Les tentatives d’exportations en Europe seront toutes ratées par manque d’expérience.
À partir de 1989, les mannes de la commande publique commencent sérieusement à se réduire. Perdrillat rend de moins en moins compte des finances aux actionnaires, c’est-à-dire aux salariés ayant investi. A l’automne, c’est le constructeur Forum International en déroute qui est racheté. Il s’agit d’un montage financier pour diluer les pertes. Fin 1990, Goupil annonce un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de francs malgré un endettement qui dérape.
perdrillat1990La rumeur sur la mauvaise santé enfle et inquiète les salariés actionnaires. Le chiffre d’affaires sera finalement de 850 millions.
Siemens-Nixdorf est approché pour une cession, mais les conditions sont inacceptables pour Perdrillat.
Après des mois de tractations, les pouvoirs publics prennent le dossier en main. Le gouvernement d’Édith Cresson tente un rapprochement avec Carlo de Benedetti, le PDG d’Olivetti. Mais la situation économique de la SMT est trop mauvaise et Olivetti se révèle être un géant aux pieds d’argile. La SMT dépose le bilan sous la contrainte de l’état en juin 1991 en vue d’une reprise qui ne se fera pas. La société est pourrie et personne ne veut de Goupil.
La mise en liquidation est prononcée le 11 juillet 1991. Les pertes qui sont annoncées dépassent les 400 millions de Francs.
Le mois suivant, une commission d’enquête annonce que les comptes publiés sont inexacts et donnent une information trompeuse sur l’état de la société. Des commandes fictives avoisinent les 200 millions d’euros. L’état final des comptes révèle 450 millions de pertes et une dette de 700 millions de francs.
Avec le triste parcours de la SMT, on lit en filigrane que l’argent public a été bien mal dépensé. Les 750 salariés du dernier constructeur informatique indépendant à l’époque de la fermeture sont les premiers à en pâtir. C’est le manque de vision stratégique, l’omnipotence aveugle de la direction de la société, l’assèchement de marchés publics trop exclusifs et la mutation du secteur, avec moins de profitabilité qui ont raison d’une entreprise qui a symbolisé la micro-informatique professionnelle française.

 

L'organigramme paru dans la plaquette de présentation de la SMT de 1984

smt trombi1984 small

Les Goupil que Silicium a recensés

 Présentés chronologiquement. Cliquez sur l'icône pour le détail de la machine.

 

ico goupilGoupil

avril 1980, 6809, Flex

180 machines

 


ico goupil portableGoupil

1980, portable, 6809, Flex

1 prototype

 

 

ico goupil2Goupil 2

septembre 1981, 6809

Flex

 

 

ico goupil3Goupil 3

septembre 1982 (6809) puis septembre 1983 (8088)

6809 (Flex), Z80A (CP/M 2.2) et 8088 (MS-DOS 2.1 ou Prologue)

 

 

ico magnumGoupil Magnum

septembre 1983, prototype d'origine australienne

80186 (MS-DOS 2.1)

 

 

ico goupil g4Goupil G4

avril 1985, 80186

MS-DOS 2.11 et Windows 1.0

 

 

ico goupil g40Goupil G40

avril 1986, 80286 à 8 MHz

MS-DOS 2.11, MOS, Pick, Prologue ou Xenix

 

 

ico clubGoupil Club

juin 1986, portable, 80c86

Origine Kaypro, 2000 machines, MS-DOS 3.2

 

 

ico goupil g5Goupil G5

avril 1987 du 8086 au 80386

MS-DOS 3.11 et Windows/386

 

 

ico goupil g50Goupil G50

avril 1988, 80386/80486

origine SFENA ?

 

 

ico golfGoupil Golf

avril 1988, portable, 80286/80386

MS-DOS 3.3, Windows 2

 

 

ico goupil inconnuGoupil G100

avril 1988, origine SFENA

sous Unix, une centaine produite

 

 

ico goupil g6Goupil G6

juin 1990, 80386 et 80486

MS-DOS 4.01 et Windows 3

 

 

ico goupil inconnu2Goupil G60

1991, 486dx33

origine Micronix ?, vaporware ou prototype ?

 

 

ico goupil topGoupil Top

1991, portable, 80286/80386sx

origine asiatique, présérie ?

 

 

 

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