apple macintoshIl y a des dates dans l'histoire de la micro-informatique que l'on n'oublie pas.
C'est en janvier 1984 que Jobs dévoila Macintosh. Lors de la présentation officielle, l'assistance fût littéralement secouée. On pouvait lire sur son écran : " Je suis heureux d'être sorti de ce sac ! " La salle était partagée : certains crièrent tout simplement au génie, d'autres affirmèrent que l'on ne le prendrait jamais au sérieux avec sa souris et son écran rempli de " dessins " ! Et pourtant... Deux mois et demi après sa sortie, Apple avait déjà vendu 50.000 Macintosh.

 

logo apple1


Apple injecta la somme de 50 millions de dollars dans cette grande aventure dont 20 millions pour la construction de nouvelles usines automatisées calquées sur le modèle japonais. Les sites retenus furent le Texas et Cork en Irlande. Les robots étaient conçus pour produire, en vitesse maximale, un Macintosh en moins de trente secondes et cela sans discontinuer. À ce rythme de production, l'erreur n'était pas permise et Apple intégra des composants de qualité irréprochable. Grâce à ce type d'usine, l'ordinateur était aussi produit à un faible coût.

Apple Macintosh  128

mac
 

Mais revenons au début de l'histoire... Le projet était dirigé par Jef Raskin qui, depuis longtemps, avait en tête la création d'un ordinateur, peu cher et facile à utiliser grâce à des fonctions préprogrammées. Jobs, qui fut rejeté du projet Lisa, s'intéressa au travail de Raskin et entra dans son équipe. Le groupe formé était de petite taille, car il ne comprenait, au début, que Jef Raskin, Burrell Smith, Steve Jobs, Tribble, Bill Howard, Ron Holt, Bill Fernandez, Randy Wigginton, Daniel Kottke, Jerry Mannock, J. Hoffmann et Woz (pour la forme, car ce dernier se passionnait plus pour la famille Apple II), bien sûr d'autres employés les rejoignirent par la suite comme Bruce Horn et Andy Hertzfeld.
Pour donner un nom de code au projet qu'il dirigeait, Jef pensa à sa pomme préférée : Mackintosh. À la finalisation de l'ordinateur, ce nom fût gardé, mais modifié en Macintosh, mais cela posa des problèmes, car ce nom était déjà déposé. Apple avait quelques noms en réserve comme Apple IV, Spirit, bicycle ou bien MAC (Mouse Activated Computer), mais elle garda le nom de Macintosh au prix d'un dédommagement financier. Malgré certains points communs entre le projet Lisa et le projet Macintosh, leur équipe de développement était bien distincte. Cette ressemblance avec Lisa ne fut pas du goût de Raskin qui avait une autre vision du projet Macintosh. En désaccord total avec Jobs, Raskin quitta la société en février 1982 pour concevoir son propre ordinateur, le Canon Cat.
Le projet évolua tout au long de la conception de l'ordinateur : une imprimante incorporée au boîtier avait même été pensée par l'équipe.
Au début de la conception de Macintosh, Jobs pensa utiliser le lecteur de disquettes 5"1/4 (140 Ko) mais il s'aperçut bien vite que les fichiers du système ne pouvaient être contenus dans une seule disquette. Le lecteur 5"1/4 " Twiggy " de Lisa avec ses 870 Ko lui convenait fort bien, mais ce dernier rencontrait de graves problèmes de fiabilité. Sony venait de mettre au point un nouveau format de disquette rigide. Malgré sa taille réduite, elle pouvait contenir 400 Ko de données et beaucoup d'ingénieurs d'Apple furent vivement intéressés. Jobs ne voulut pas en entendre parler, car il attendait un nouveau lecteur 5"1/4 de la société Alps. Alps n'arriva pas à tenir ses délais de livraison et Jobs finit par accepter le nouveau support de Sony.
Jobs s'investit énormément sur le design de l'ordinateur: il le voulait gai et " Friendly " (amical). Le boîtier, de couleur beige (eh oui...), devait être de petite taille, Jobs décida que ce dernier ne devait pas dépasser l'encombrement d'un annuaire téléphonique sur un bureau. Son faible poids ainsi qu'une poignée de transport devait permettre de l'emporter avec soi. Ces exigences furent respectées, car Macintosh mesure 25 centimètres de large sur moins de 40 centimètres de haut pour à peine 10 kg !   Apple proposa même une sacoche en toile disposant de poches pour ranger le clavier, la souris ainsi que quelques disquettes. Le clavier est relié à l'ordinateur par un câble en spirale afin qu'il n'encombre pas trop le bureau et peut s'étendre jusqu'à 2 mètres environ. L'utilisateur pouvait, s'il manquait de place, le ranger tout contre l'ordinateur, un renfoncement en façade fût  prévu à cet effet.
Le cœur du Macintosh est le puissant processeur 68000 de Motorola qui équipait déjà Lisa. Cette fois-ci, sa fréquence est plus élevée, car elle atteint les 8 MHz. L'écran, tout comme le Lisa, est logé dans le châssis de l'unité centrale. Malgré sa petite taille de 9", il est très lisible et de bonne définition.
Contrairement à certains ordinateurs de l'époque, Macintosh était très simple à brancher : chaque prise était accompagnée d'un logo représentant le périphérique qui s'y connectait. Soucieuse de la réussite du premier contact avec le Macintosh, Apple livra deux K7 audio d'accompagnement, des disquettes de formation ainsi qu'une documentation extrêmement soignée. Côté logiciels, MacWrite (le traitement de texte de Randy Wigginton) et MacPaint (l'outils de Dessin de Bill Atkinson) offraient aux documents une qualité qu'aucun ordinateur concurrent ne pouvait proposer. L'ensemble est très convivial grâce à l'utilisation de la souris. La ROM fut dotée de sous-programmes chargés chacun d'une tâche  (comme Quick-Draw) et furent réunis sous le nom de ToolBox (ou boîte à outils). Programmer l'interface d'un logiciel revenait alors à enchaîner ces sous-programmes (" A quoi bon réinventer la roue ! Utilisons tous les mêmes sous-programmes et les logiciels gagneront en vitesse de conception et en facilité d'utilisation ! ").

Après la sortie de son nouveau-né, la société Apple se demanda si elle avait opté pour le bon design et si Macintosh allait être accepté par la public. En effet, on fit subir un test à des personnes n'ayant aucune notion d'informatique : Un Apple Macintosh et un ordinateur peu puissant, mais de taille imposante leur furent présentés. Au premier regard, presque toutes ces personnes désignèrent le deuxième comme un outil performant et perçurent Macintosh comme un jouet !
Apple allait devoir se battre très fort contre les idées reçues...
En novembre 1984, Apple lança l'opération commerciale " Test Drive a Macintosh " qui consistait à essayer l'ordinateur pendant un jour et 200.000 unités furent demandées !
En décembre de la même année, le 250.000e Macintosh était vendu....
Apple voulait que Macintosh soit, tout comme l'Apple II, bien pourvu en logiciels. Pour cela, l'ordinateur fût proposé à un prix réduit à des universités comme Yale, Harvard et Rochester pour que les étudiants développent dessus.
Initialement prévu à 256 Ko de RAM, l'ordinateur n'en disposa que 128 Ko à cause du prix élevé des composants DRAM. Jobs voulait absolument proposer un ordinateur peu cher. Burell insista auprès de Jobs pour " gonfler " malgré tout l'ordinateur, car la mémoire vive  retenue était de plus très lente et non extensible. Hélas, la décision était irrémédiable.

Macintosh 512

mac128


Rapidement, Apple constata que ces 128 Ko étaient vraiment insuffisants pour gérer convenablement l'interface graphique et les applications qui gravitaient autour. Elle décida de pousser malgré tout son Macintosh à 512 Ko. Les composants RAM sont d'abord soudés sur la carte mère. Ce n'est qu'à partir du modèle 'Plus' qu'ils s'imposeront sous la forme de modules SIMM 30 broches.
Les utilisateurs de la première heure, désireux de passer à 512 Ko, pouvaient faire l'acquisition du coffret " Macintosh 512K Memory Expansion Kit ". Ce dernier n'est, ni plus ni moins qu'une nouvelle carte mère équipée de 8 composants soudés de 32 Ko au lieu des 8X16. Je vous laisse imaginer son prix....10.000 Francs !

 

mac128kt


Au rang des upgrades, un kit lecteur 800 Ko était disponible : il intégrait bien sûr le nouveau lecteur 800 ko, mais aussi deux nouvelles ROMs le prenant en charge.
Macintosh souffrait de quelques erreurs de jeunesse :

  • Jobs voulait un ordinateur silencieux, mais, sans ventilateur, ce dernier chauffait parfois dangereusement. Des grilles d'aération ont pourtant été disposées sur le haut et le bas du boîtier, mais la chaleur arrivait parfois à atteindre un niveau inquiétant. Il est étonnant qu'Apple ne se soit pas plus arrêtée sur ce problème quand on pense aux déboires qu'elle rencontra sur l' Apple ///. Des distributeurs n'hésitèrent pas à proposer un ventilateur externe.
  • Le clavier était peu agréable à l'usage et n'intégrait pas de pavé numérique ni de curseurs. L'équipe de développement annonça que cette absence de curseurs était volontaire afin que l'utilisateur respecte l'esprit de Macintosh en se servant le plus souvent possible de la souris…
  • Le Finder première version n'était pas multitâche comme celui de Lisa,
  • La disposition du bureau n'était pas sauvegardée à l'extinction contrairement à Lisa.


 
En regardant de plus près l'ensemble, on peut remarquer un usage important de technologies propriétaires. Apple a sûrement voulu freiner le développement de clones de Macintosh. Jobs n'a surtout pas voulu d'un ordinateur ouvert aux bidouilleurs : même les vis du capot nécessitent un tournevis spécial ! Il désirait proposer un ordinateur simple de fonctionnement et prêt à utiliser. D'ailleurs, pourquoi l'ouvrir ? Macintosh ne dispose d'aucuns slot d'extension ! Une personne non spécialiste et non-agréée ne devait pas démonter l'ordinateur sous peine de supprimer la garantie. Les personnes désireuses d'évolution pouvaient toujours prendre Lisa... En fait, Macintosh avait une philosophie radicalement opposée à celle des débuts d'Apple. Les utilisateurs d'Apple II furent vraiment surpris et parfois même très déçus.
Jobs aimait comparer le Macintosh à une bicyclette ou à la Ford T. qui n'existait qu'en un seul modèle et qui était destinée à tout le monde.
Le point fort du Macintosh est qu'il offrait pour un prix raisonnable un système basé sur l'utilisation d'une interface graphique et de la souris :

  • 1981 :  Xerox Star, la version améliorée de l'Alto, 16600$
  • 1983 : Apple Lisa, 10000$
  • 1984 : Apple Macintosh, 2500$

Il est vrai que Xerox, qui commença très tôt l'étude de son ordinateur (bien avant Apple), dut faire face à des coûts de développement et de production importants.

 

Différentes versions

Macintosh, Macintosh 128 (même modèle que le premier sauf que l'étiquette précise les 128 Ko), Macintosh 512 & Macintosh 512ke.
Le Macintosh 512ke est une version disposant d'une ROM étendue à 128 Ko et d'un lecteur 3"1/2 de 800 Ko. Il fut distribué dès avril 1986.
Apple annonça la vente de son millionième Macintosh le 17 mars 1986. Pour l'occasion, Jef Raskin vint à la fête !

Noms de code : Macintosh, Fat Mac pour la version 512 Ko

Le modèle initial de Macintosh, qui fût développé au tout début par Raskin et un des amis, Burrel Smith. Ce prototype ne ressemblait pas du tout à celui que nous connaissons : il intégrait un processeur Motorola 6809 car Raskin était un passionné des processeurs 8 bits. Il utilisait un lecteur de cassettes comme unité de stockage. Par la suite, on pensa quand même à l'équiper d'un ou deux lecteurs de disquettes 5"1/4 !

 

Caractéristiques techniques

Processeur : Motorola 68000 à 7,8336 MHz, Architecture interne 32bits / Bus d'adresses 24 bits
Bus de données 16 bits à 8MHz
Ram : 128 Ko sur carte mère sur la version 128 (450 ns : l'horreur !) 512 Ko sur carte mère sur la version 512 & 512Ke
Rom : 64 Ko sur carte mère, 128 Ko sur la version 512Ke
Vidéo : 512 X 384 monochrome sur un écran 9" monochrome noir et blanc intégré

Stockage : 3"1/2 400 Ko (système d'éjection pilotable par le système) et 3"1/2 800 Ko sur la version 512Ke
Disque dur externe (en option) dès la version 512 Ko
Interfaces : 1 port DB19 pour floppy externe
2 ports série DB9 RS 232/422 à 230,4 KBauds
1 port série DB9 pour la souris
Horloge/calendrier interne CMOS sauvegardé par une pile alcaline 4,5v
256 octets de mémoire paramétrable.
OS/Logiciels livrés : Mac OS 1.0 à 7.0.1, Mac Draw & Mac Paint
Capacité sonore : Jack 3.5 mono 8 bits 22 KHz 4 voies et haut-parleur intégré
Clavier    AZERTY sans pavé numérique relié par un connecteur RJ11
Prise chaîne de sécurité spécifique
Périphériques/Accessoires    Clavier numérique
Options classiques : sacoche de transport, imprimante Image Writer, lecteur externe
Sortie / Prix : Mac 128 janvier 1984 / 25000 F - 2495$
Mac 512 en octobre 1984/ 3195$
Mac 512 Ke en avril 1986
Fin    Septembre 1987

Il n'est pas possible de connecteur un lecteur 3"1/2 800Ko à la place du 400 Ko: l'ordinateur ne pourra le faire fonctionner ni en 800, ni en 400 Ko.
Le modèle transparent, rarissime, était destiné aux grands distributeurs. Sa boite transparente permet de voir ses tripes. Il ne manque qu'un chenillard intégré pour faire "Sci-Fi 70's".

 

Macintosh 512 transparent

mac trans
 

Généreux donateur d'un Macintosh 128 : François Bernhard pour le second exemplaire importé en France, en modèle US.
Première acquisition : Mai 1998
Généreux donateur du Macintosh transparent : Nadine JOUANEN
Première acquisition : Avril 1997

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