ico leanord silz16Alors que l’IBM PC est en passe de devenir le nouveau standard pour la micro-informatique professionnel, Léanord réagit vite et présente en 1983 son nouveau micro-ordinateur « révolutionnaire ».
Le constructeur de Haubourdin se lance dans le 16 bits avec une machine sous CP/M86. Mais c'est évidemment MS-DOS qui sera rapidement diffusé avec la machine.

leanord logo
C’est un tournant important, car Léanord saute ver une nouvelle génération en s'engageant la voie prometteuse de la compatibilité PC. Cette décision stratégique va lui réussir. Pour la prendre, Léanord fait appel à un jeune constructeur anglais qui propose en OEM une machine performante, le Future Computers FX-20.
Le Plan Informatique pour Tous va gonfler les ventes à partir de 1985.
Et ensuite, l’ancrage dans la compatibilité PC va voir l'arrivée des PC modulaires Challenger et Elan, confirmant la justesse du choix.

Découvrez l'histoire de Léanord.

 

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Nanoréseau !

Le Sil'z 16 est mis sur le marché à la même époque que le Nanoréseau pour les écoles qui est un autre produit Léanord. 4000 machines seront écoulées par le biais du plan Informatique Pour Tous. La version Sil'z 16EN (Education Nationale) sera proposée comme tête de pont. Elle semble plus rare que les Bull Micral 30 ou les SMT Goupil 3-PC.

Future Computers

Le Sil’z 16 n'est donc pas une création Léanord. Il s'agit d'un ordinateur anglais et qui fut introduit au Royaume-Uni en 1983. Cette jeune société s’est montée à l’époque grâce à des fonds d’investissement publics (British Technology Group) et privés (APA Business Venture). C'est pour l'époque une machine assez performante qui tourne à 8 MHz, un affichage graphique de belle résolution et offre nativement du réseau local. Une gamme de machines va voir le jour, mais Future Computers ne semble pas avoir existé bien longtemps.

future computers fx20

Le musée recherche : Systèmes, logiciels et machines Future Computers. Un témoignage ? n’hésitez pas.

 

Première acquisition : mars 1992, novembre 1999 (16EN) et février 2012 (16)
Généreux donateur : poubelle, Jean-François Moreau, Jean Lebon

Constructeur : Léanord (origine Future Computers UK)
Modèle : 16/20 et 16/EN
Année/Prix : mai 1983 / 39 000 F (69 900 F pour la version à disque dur de 10 Mo)

CPU : Intel 8088 à 8 MHz
RAM/ROM : 128 Ko (2 banques de 9 4164 à 150 ns sur la carte mère) et 128 Ko sur une carte fille et extensibles théoriquement à 1 Mo / 4 Ko (Bios)

Graphisme : 1280 x 500 monochrome et texte 80 x 25 (contrôleur graphique haute-performance Nec µPD7220), option par carte fille ISA pour du 640 x 250 monochrome
Son : buzzer sur la carte-mère ou haut-parleur interne suivant les versions

Mémoire de Masse : 2 floppies 5"1/4 de 800 Ko (origine Toshiba) ou 2 floppie sde type DFDD 360 Ko. Possibilité d'un disque dur de 5 à 50 Mo CP/M86 plus et en option Concurrent CP/M et surtout MS-DOS pour 1300 F
Ports : en face arrière : vidéo MDA/CGA, imprimante, série, X21/RS-422 (25 points), entrée réseau et sortie réseau, clavier sur le côté gauche et en interne : floppies, extension mémoire, bus pour un fond de panier ISA

Dimensions : 48 x 40 x 9 cm (l x p x h)
Périphériques/options : extension RAM, extension 2 ports ISA, carte ISA pour haute résolution graphique

 

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Modèles connus

Sil'z 16/20

Le 16/20 se reconnait à l’absence de slots ISA en face arrière. La carte mère est estampillée WR100849 en Rev.C (référence 85.049.2784 chez Léanord)

Sil'z 16 EN

Celle du modèle EN a un Part Number 010016100 en 02 Rev.3 (référence 84.109.1129 chez Léanord)
Dispose d’un BUS ISA avec une carte vidéo Donatec et d’une carte Nanoréseau.

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Tripes et technique

Comme c’était de mise à l’époque des « ProtoPC », le Sil’z 16 s'autorise des incompatibilités par rapport à l'IBM PC originel. On peut citer l’écran/clavier et le composant graphique comme deux variations importantes et classiques qui seront rapidement écartées pour coller au plus près de la doxa IBM.
La machine dispose de réelles qualités. Elle est équipée en standard de ports réseau, ce qui est inédit à l’époque et affirme une belle modernité à cette machine intelligemment construite.
Elle intègre un High-Performance Graphics Display Controller Nec µPD7220 en technologie LSI et qui date de 1983. Il représente l’état de l’art de cette époque. On le retrouve d’ailleurs dans le micro-ordinateur NEC PC-9801.

Le Sil'z 16 ne semble pas être un simple rebadging du Future Computers FX-20. Dans les versions EN, la carte mémoire 128 Ko est estampillée Léanord. De même que la carte 2 slots ISA. Léanord disposait d’un réel savoir-faire à cette époque.

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Léanord propose une carte vidéo graphique monochrome française d’origine Donatec (probablement la société qui revendra par la suite le Donatec PC)

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Mobo

La carte mère est largement strappée et est bel et bien estampillée Future Computers. Il en va de même pour le clavier.

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D'une taille généreuse comme on en faisait à l'époque, elle tranche réellement par rapport à un PC. Pas de slot directs, mais des connecteurs sur tout le tour. Une extension de bus permet de verticaliser deux slots ISA 8 bits. La connectique réseau de la carte mère est intéressante. Elle doit préfigurer le nanoréseau, mais nous n'avons aucune information sur le sujet.

 

 

Les connecteurs de la carte mère

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Arrière : CGA, série, parallèle, X21/RS422, réseau 1, réseau 2
Gauche : clavier, ?, floppies, Alim
Droite : RAM, ? et bus ISA

 

Nanoréseau technique

Il est célèbre pour avoir relié des générations d'écoliers avec des TO7 et MO5 à partir de 1985. C'est Léanord qui en est à l'origine industrielle.

Le Nanoréseau prend source au Centre Universitaire Economie Education Permanente de la faculté de Science de Lille vers 1982. Une première version est créée en 1978 pour partager des magnétocassettes entre Commodore dans le cadre d’apprentissage par ordinateur. Un nouveau projet est initié par l’Agence de l’Informatique en 1981. Il s’agit d’un appel à projets pour étudier un embryon de réseau local pour de l’EAO. Le CUEEP est sélectionné et se tourne vers un proche de l’université, Léanord.
Le serveur choisi est un Sil’z III sous CP/M. Mais l’éducation nationale souhaite s’orienter vers MS-DOS pour les serveurs.
C'est Léanord qui industrialisera ce réseau. On connait l'attachement de Léanord à l'université dont elle est partenaire et c'est logiquement la firme de Haubourdin qui construira le nanoréseau.

Le Nanoréseau séduit les pouvoirs publics pour être diffusé à grande échelle dans le cadre du Plan Informatique pour Tous. Il coute moins de 20 % du prix d'un ordinateur et est simple à mettre en œuvre. Plutôt lent avec un débit d'environ 500 Ko/s, ce réseau est robuste malgré les faibles distances qu'il peut couvrir.

Il convient donc à l'environnement scolaire et Thomson l'adaptera au TO7 et MO5 pour équiper une école française sur cinq.

Techniquement, le nanoréseau est une liaison RS-485 sur simple paire en CSMA-CD, c'est à dire avec une gestion des collisions avec réémission comme sur Ethernet, mais en plus rustique. La couche liaison suit le modèle HDLC (High-Level Data Link Control) avec une délimitation des trames de différents types et un contrôle d'erreur. On peut connecter 32 ordinateurs.

Pour jouer le rôle de serveur de fichiers, on utilise un PC bifloppies de 512 Ko de RAM avec une carte nanoréseau ISA. Il est baptisé tête de réseau. Les fabricants français ont tous proposé leur serveur. Bull avec le Micral 30, la SMT avec le Goupil G3-PC, mais aussi Logabax et son Persona 1600. Il existe aussi le superbe Matra MAX-20e et bien sûr le Léanord Sil'z 16EN. On partage fichiers et imprimante entre les stations, baptisées nanomachines.

Pour tous les détails techniques, le site nanoreseau.net est le plus complet.

 

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