ico axel max20eAxel, un rendez-vous raté de l'informatique française
Les prémisses de la micro-informatique française ne se résument pas à R2E et son Micral. Il y a eu MBC et Axel. Découvrez l' AX20 de la société Axel, un bel incompatible dans la catégorie ProtoPC.

 

MBC

En 1976, Georges Cottin, Alain Isembert et Jean-Pierre Bouhot créent MBC, et conçoivent l'Alcyane. Cet ordinateur est particulièrement obscur dans le panorama micro-informatique français. Les informations dont nous disposons aujourd’hui sont encore limitées. Pourtant la marque va créer une lignée complète de machines.
Bouhot devient ensuite célèbre en fondant dans les années 70 le magazine l’Informatique Nouvelle puis dans les années 80 le cabinet de conseil Bouhot et Legendre, éditeur de journaux français et organisateur de conférences. Il sera racheté en 1997 par le Gartner Group.
Cottin prolongera l’aventure micro-informatique en 1982 avec Axel et son AX-20.

Alcyane

L’Alcyane n’est pas une machine très innovante en 1976 mais elle demeure d’une conception entièrement française, à l’image de certaines productions d’outre-Atlantique. Elle est positionnée pour la gestion de PME et sa grande ambition est de rivaliser avec les mini-ordinateurs départementaux fort chers à cette époque. Elle coûte dix fois moins qu’eux et l’offre est crédible. C’est un peu ce même concept qui anime R2E avec la série Micral.
Pour avoir une réponse polyvalente, MBC propose une architecture multi-machines baptisée « Architecture Nodale ». Il s’agit d’interconnecter deux voire trois Alcyane avec 5 postes de travail et une ou deux unités de disques. On peut ainsi partager les ressources, applications, base de données et imprimante.

Alcyane en 1977

alcyane

Au début de 1981, MBC est racheté par Matra Datasystèmes. En juin, Cottin quitte MBC. D’autres machines MBC sortiront jusqu’en 1984, comme le A6 de 1983 sous Alcybase, un Basic orienté gestion de bases de données. Les informations nous font défaut.

 

Nom : Alcyane
Constructeur : MBC (France)
Année : vers 1976, fin de production vers 1980, maximum 500 machines construites
Prix d'époque : 35000 F avec un écran et une unité de diskettes 5’’1/4 double
Langage : en standard BASIC III et BASIC Français
CPU : 8080 à 2 Mhz
RAM : 64 Ko par processeur
Résolution(s) Texte 80x24 monochrome, sans résolution graphique, sortie sur téléviseur
Taille / poids : 45x15x30 cm (lxhxp) / 8 Kg
Sauvegarde : externe deux lecteurs 5’’1/4 360 Ko ou 600 Ko, disque dur externe de 40 Mo

Alimentation : interne
Extensions : carte processeurs, mémoires, interfaces

 

 

Axel

En 1982, Cottin fonde Axel avec deux associés, Jacky Bourbon et Gilbert Dhuim. Matra détient 35 % du capital. Une machine est rapidement conçue au tour de l’Intel 8088 et de CP/M86 et en suivant plus ou moins l’architecture de l’incompatible PC. C’est un peu l’état de l’art à cette époque. Fort logiquement, le MS-DOS est rapidement adapté.

L’AX-20 est une belle machine. Une grande attention est apportée à la construction et le design est soigné, façon Apple 2. C'est qu'il est beau comme une savonnette le MAX20. Pourtant, l’AX20 puis le MAX20E font partie d’une petite série de machines au design vraiment stylé pour lesquels nous manquons vraiment d'informations.

Si les ventes semblent modestes, Matra va diffuser cette machine sous le nom MAX-20, M pour Matra. Un modèle sera même adapté pour faire tête de pont de nanoréseau. Le MAX-20e, avec e pour éducation, aura une diffusion très limitée avec une compatibilité PC très problématique car approximative. Le public souhaite un plus grande compatibilité pour pouvoir échanger facilement programmes et données. Sur cet aspect, le MAX montre vite ses limites.

Axel Matra MAX20E

axel matra max20e

 

Matra Datasystèmes existe assez artificiellement grâce aux réseaux de Lagardère son P.D.-G. Ce dernier sait trouver les mannes de l’argent public qu’il ira chercher jusqu’au Québec. Mais le MAX-20 qu’il distribue n’est plus assez performant en 1984. L’incompatibilité PC est une entrave bien pesante. La machine n’évolue plus et il semble que Matra qui va jeter l’éponge de la micro-informatique, ne fait plus d’effort pour faire évoluer son PC.

Axel continuera son existence pendant de nombreuses années, quand bien même l’épisode du compatible PC sera vite oublié.

 

Rapidement, Matra s'appuie sur Axel, petite société française, pour proposer le MAX20E (E pour éducation vraisemblablement) comme de tête de pont pour Nanoréseau.

Parmi les serveurs recensés pour cette tâche, Le MAX20E est le moins diffusé des serveurs choisis : Bull Micral 30, SMT Goupil G3-PC, Léanord Sil'z 16 et Logabax Persona 1600.

 

Trois modèles

Axel AX-20 (1982) décliné en A/001 sans floppy, A/002 1 ou 2 floppies SF 185 Ko et A/003 1 ou 2 floppies DF 370 Ko
Axel AX-25 (1984) décliné en A/001 1 ou 2 floppies DF 370 Ko et A/002 avec disque dur 10 Mo
Matra Max-20E (1984) environ 1000 machines
Comterm-Matra Max-20E (1984) environ 9000 machines pour le Quebec

Et peut-être même un quatrième qui n'a jamais dû voir le jour, le MAX-10 qui deviendra le Max-20E

En 1984, une version AX25 verra le jour, avec un 8088 à 8 MHz et du graphisme en 640x228. La version A dispose de deux floppies de 2.4 MO (?) et la version B d'un puissant disque dur de 10 Mo. Le tout sous MS-DOS 2.11.


Première acquisition : Mars 1996, juin 2015
Généreux donateur : la grande poubelle (Max20e), Bertrand Poupeau (AX20)

Constructeur : Axel/Matra (France)
Modèles : Max 20E, AX20-003 avec 2 floppies et AX20-001 sans.
Année/Prix : 1983 (AX20) / 20 000 F

CPU : Intel 8088 à 4.77 MHz
RAM/ROM : 128 Ko extensibles à 1024 Ko par modules de 128 / 2 Ko de BIOS
Graphisme : 80x24 texte et carte graphique 640x288 en option
Mémoire de Masse :2 floppies 5" 1/4 360 Ko (185 Ko ou 320 Ko pour l'AX20)

 

 

Toujours à la quête d'informations sur cette machine certains lecteurs nous livrent des témoignages intéressants sur la société, la chronologie depuis l'Alcyane ou la technique.

Alors MBC, Axel, Matra... Si vous avez participé au développement de ces machines ou même utilisé ces beaux engins que l'on cherche ardemment, contactez-nous !

 

En 2005, Jacques se rappelle quelques souvenirs :

" Vous faites appel à ceux qui ont approché la bête soit en tant que concepteur, soit en tant qu'utilisateur. J'étais le chef de ce projet un peu fou et l'un des quelques matraciens convaincus qui ai conservé un temps quelques relations avec George Cottin. Mais à présent, les salons d'envergure sont rares et je ne l'ai pas revu depuis 2 ans.
La société Axel existe toujours, elle conçoit et produit des terminaux légers dont la désignation est "platine".
Max n'était pas un projet Axel, c'était un pur produit Matra Alcyane, la société que messieurs Bouhot et Cottin ont vendue à Matra.
Nous avons en 10 mois, de mars à décembre 1984, conçu un PC (électronique, BIOS, système d'exploitation), monté une usine à Colmar et livré 1.000 machines de présérie à l'éducation québécoise. Le compatible à 100% était prêt, mais la branche informatique de Matra créée par Pierre-Yves Le Bihan (reprise à l'époque du Max par ???) a décidé de ne pas le produire et de jeter l'éponge en mai 1985 suite au cuisant échec du micro Alice.
Quelques mois plus tard, ce fut l'arrêt de Matra Datasysteme de la collaboration avec Norsk Data et Encore Computer. Bernard Franzi qui était resté pourrait vous en dire davantage.
Je serai ravi si par votre entremise, je pouvais renouer avec Françoise et Bernard Franzi (deux piliers du projet), Gérard Hinaut notre directeur technique et les " softeux " qui ont réussi (Bruno...) et les autres... "

Nous lançons l'appel auprès de tous les lecteurs pour tenter d'immortaliser ces projets français méconnus.

 

Robert Sulpice est le designer de la caisse de l'Axel. Il nous raconte :

" J'ai dessiné cette carrosserie à l'époque pour la société Axel.Au début, tout se trouvait dans la même boîte, puis rapidement pour alléger le monstre et construire l'ensemble avec des pièces plus petites un consensus s'est dégagé en faveur d'un écran en " lévitation ".

Je me souviens vaguement que nous avions hésité sur la taille de l'écran, une maquette plus petite avait été réalisée, mais posée sur l'unité centrale-clavier, la proportion était catastrophique. L'ensemble est très connoté années 80, mais n'a pas trop mal vieilli pour le modèle d'origine. Toutefois, je trouve que la découpe de coloris choisie ensuite par Matra alourdissait l'objet.

La maquette en polystyrène se trouve au Musée d'Art Moderne de Saint-Étienne. Au début des années 90, Bernard Ceysson, le directeur créateur du musée, était à la recherche de documents d'études de design. Je l'avais rencontré dans un colloque. À l'occasion d'un déménagement, j'ai entièrement rempli une Twingo jusqu'au plafond avec des maquettes et des plans, en enlevant les sièges et j'ai déposé tout cela au musée. Il y avait l'étude du téléphone Matra T 83, une Jeep sur Renault 4 au 1/5e, un minitel extensible et de nombreux autres objets.

Pour en revenir à la société Axel, c'était un passionné du nom de Georges Cottin qui était l'âme du projet AXEL AX20 et le P.D.G. de cette société. Pour trouver des financements, je me souviens qu'il avait emmené la maquette aux E.U. dans deux boites en bois qu'il gardait avec lui en cabine.
Il a ensuite tout revendu à Matra, je l'ai perdu de vue... "

 

 

 

 

 

 

 

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