ico m40On connait un peu l'Olivetti M20 de bureau, mais il existe un modèle de mini départemental de la même famille et beacoup plus obscur. Il s'agit du M40 qui fait lui aussi partie de la Linea Uno ou L1.

 

m40 logo small

 

Mini-informatique transalpine

Au début des années 80 et sous la houlette de Carlo de Benedetti, l'offre Olivetti en termes de systèmes de gestion est probablement la plus grande de l’histoire du célèbre constructeur transalpin. C’est le fruit d’importants développements internes, ainsi que le rachat de quelques sous-traitants et autres manufacturiers.

À l’origine, on peut mentionner le terminal TC 800 de 1974 qui propose une architecture innovante en mode terminal-client/serveur et principalement utilisé dans le monde bancaire.


ico bcs2035À la fin des années 70, les petits systèmes de la série BCS 2000 (Business Computer Systems) remportent un certain succès auprès des petites et moyennes entreprises. L'offre comprend aussi les S6000 et S1000, deux systèmes issus de chez Microdata en 1977. Le S6000 est un système de gestion et le S1000 est une entrée de gamme complémentaire.
Le SP 600, est un Digital PDP-11 rebadgé.

 


ico cps32Pour finir, le CPS 32 (Continuous Processing System de 1982) est un système temps réel à tolérance de pannes, qui est issu du constructeur américain Stratus, dont Olivetti possède des parts (ou peut-être même l’intégralité).
À cette époque charnière, l’offre Olivetti est complète et performante, mais largement hétéroclite.

 

 

La Linea 1

Olivetti décide alors de renouveler sa gamme avec la Linea 1, composée de trois modèles : M30, M40, M60. Nous sommes au début des années 80.
Dans cette nouvelle gamme de miniordinateurs, on trouve même l'excellent micro-ordinateur personnel M20, mis en vente en 1982 qui sera trop rapidement laminé par la vague des compatibles PC.
Grâce à la Linea 1, Olivetti va réussir à proposer un renouvellement complet, modulaire et évolutif. La qualité de fabrication est bonne et les performances honnêtes. La Linea 1 aura une durée de vie de 13 ans, de 1982 à 1995.
Pourtant, le succès commercial sera relativement faible. Les choix techniques ne sont pas optimums et la concurrence acharnée. Au final, la mini-informatique va lentement muter vers Unix. Un accord est signé avec AT&T en 1984. Olivetti va alors distribuer les minis 3B. L’arrivée des PC va saper la gamme par la micro-informatique.

 

La Gamme M

Les miniordinateurs M30 et M40 de 1983 sont le socle de la gamme modulaire L1. Ce sont des machines de gestion. Pour former une gamme complète, Olivetti met l’accent sur la connectivité avec de nombreux protocoles de connexion réseau. Le système d'exploitation a pour nom de code Cosmos IV. Il est développé en interne chez Olivetti et est commercialisé sous le nom MOS (Multifunctional Operating System). Il serait écrit en Pascal.
L’Olivetti M40 est annoncé en 1982 et mis en vente en 1983. Les configurations sont nombreuses. Il existe les modèles DP (data processing) et les modèle BC (business computer) et ST (Scientific technical). Ils peuvent servir de serveur ou comme machine multi-postes.

ico m30Le M30 est un desktop qui utilise des lecteurs 5’’1/4.

 

 

 

ico m60Le système M60 sort en 1984 et représente le haut de la gamme Linea 1 avec un ou deux Zilog Z8001 (SMP asymétrique : le CPU1 gère le système et distribue les tâches selon une logique de répartition de charge) et MOS. Il est évidemment compatible avec les M30 et M40.

 

 

 

La Linea 2

En 1987, la Linea 2 est lancée avec la série LSX 3000 à base de Motorola 68000. En 1991, la série LSX 5000, basée sur la plate-forme Intel 486 est mise en vente. Les systèmes sont alors compatibles avec l'architecture OSA (Open Systems Architecture) développés par Olivetti pour surmonter les limites des systèmes propriétaires, plus très en vogue.
Malgré de beaux efforts et une technologie de bon niveau, Olivetti en manque de charisme ne parviendra pas à imposer son offre et disparaitra de l’univers informatique, à part pour du PC sans aucun intérêt.

 

Le musée recherche : de l’information, un écran qui marche, du soft et de la documentation.

 

Olivetti M40

olivetti m40bc

 

 

 

 

Première acquisition : mai 2015
Généreux donateur : Famille Bracco

Constructeur : Olivetti (Italie)
Modèle : L1 M40 BC
Année/Prix : 02/1983, configurations multiples à des prix débutants à 200 000 Francs (soit 60 000 000 de lires, soit environ 30 000 euros)

CPU : Zilog Z8001D1 (source SGS) 16 bits à 4 MHz et Zilog Z8010 MMU ou unité de gestion de mémoire capable de gérer 16 Mo en 64 pages, alors que le 8001 ne peut gérer que 8 Mo (source Zilog)

RAM/ROM : carte RAM de 256 Ko extensible à 512 Ko (Motorola MCM6665AP20, DRAM 64K x 1) avec possibilité d’étendre à 1 Mo de RAM. 64 Ko sont réservés pour les programmes et les données. 2 ROM 2764 (de 8 Ko x 8) « PAKT » et « PAKU » pour 64 Ko de ROM

Graphisme : 560x392 et texte 80x25 monochrome
Son : buzzer à niveau réglable dans le clavier

Mémoire de Masse : Bifloppie 8 ‘’ de 1 Mo (962 Ko en formaté), assurant la compatibilité antérieure des modèles précédents S6000 et P6060 (de capacité 256 Ko). HD 18 Mo optionnel suivant configuration (ST/HD)

Ports : R 232 C (V24), clavier DB9 et écran DB15

Dimensions : 60 x 70 x 40 cm (HxLxP)
Périphériques/options : Imprimante thermique P2400, 260 caractères/seconde, imprimantes matricielles P1450 et 1472
Interface série supplémentaire SIC 3332 3 ports en V24
Émulation IBM 2780/3780
Protocole BSC 1/BSC 2

 

 

Techniquement

Le M40 est gros, de la taille des minis « départementaux » du début des années 80. Au final, il est particulièrement vide. Passé les deux lecteurs 8’’, la machine s’architecture sur un fond de panier à bus 2x16 et 2x43 points où prennent place 4 cartes, dont le CPU, la RAM, le contrôleur de disques et le port série.

 

olivetti m40 open

 

Le système d’exploitation MOS pour Multifunctional Operative System au nom de code « Cosmos IV » est multitâche en time sharing. Il est issu du Cosmos déjà utilisé dans les mini de type S6000 et est écrit en Pascal et dispose d’une P-Machine pour interpréter les P-Codes.

On peut connecter de 4 à 8 terminaux avec des cartes séries qui utilisent une technologie à boucle de courant. Cela permet d’avoir une distance de 100 mètres, mais qui complexifie quelque peu l’électronique.

 

Les cartes

Embrochées dans un fond de panier généreux de 11 slots doubles : la partie large de 2 x 43 points est le bus système.

 

La carte CPU

Elle accueille la ROM et propose la sortie écran et clavier sur le second connecteur de 2x15 points où vient s’enficher un câble de 3 mètres double avec à l’autre bout un db9 pour le clavier et un db 15 pour l’écran. C’est assez curieux.

olivetti m40 cpu

 

La carte RAM

Nativement garnie de 4x 9 CI  Motorola MCM6665AP20 pour 256 Ko de RAM avec parité, elle dispose de supports pour doubler la capacité. Un DIP switch quadruple doit permettre de déclarer le garnissage et le nombre de cartes installées.

olivetti m40 ram

 

La carte série

Elle est plus mystérieuse. Un connecteur de fond de panier comme celui du CPU offre un câble à connecteur DB25, pour l’imprimante vraisemblablement. En façade, un connecteur 2x20 point doit pouvoir permettre la connexion d’un terminal. On disposerait alors du commutateur L1 / L2 de façade. Le port est inutilisé sur notre machine qui ne possède du coup pas de switch de facade.

olivetti m40 serie

 

Le contrôleur de floppies

Basique, avec un contrôleur Texas GA04CF11051 (64 pattes) et un port 50 points. Un DIP switch quadruple doit permettre de déclarer l’adressage pour une machine multicontroleur.

olivetti m40 floppy

 

 Un clavier plutôt bizarre et très redéfinissable avec de nombreuses touches de fonction :

 olivetti m40  clavier

 Le pupitre, le petit affiche à 7 segments affiche un compte à rebours cyclique de 9 à 0 puis le point une fois bouté. en cas d'erreur, il affiche un d

olivetti m40bc pupitre

 

L'interupteur L1/L2 doit servir à basculer d'une liaison série à l'autre. En petit, deux variantes dont le M40 ST en jaune et le M40 BC sans commutateur en rouge.

 

olivetti m40 logo ecran

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