ico arithmometre odhnerL’arithmomètre d'Odhner est une machine à calculer à additions et soustractions directes. Elle permet aussi de multiplier et de diviser rapidement grâce à une platine de résultat mobile à décalage. Inventée en Russie en 1873 par W.T. Odhner, un immigrant suédois, cette machine compacte à manivelle deviendra très populaire au XXe siècle.

 

original odhner logo
Accélérer les calculs est un besoin aussi vieux que les mathématiques. L'arithmomètre ou machine arithmétique est une invention ancienne. Après les bouliers chinois, les premières machines mécaniques apparaissent en occident à partir du 17e Siècle. « L’Horloge à Calculer » de Wilhelm Schickard (1592-1635) est la première du genre, construite en 1623 et connue.

arithmometre odhner
La première machine industriellement produite est l’Arithmomètre de Charles-Xavier Thomas de Colmar. Elle fut conçue en 1820 et produite de 1851 à 1915. Constamment améliorée, elle est basée sur la Machine de Leibniz.
L'arithmomètre d'Odhner améliore encore plus le concept. Sa production industrielle commence officiellement en 1890, à Saint-Pétersbourg, et dure trente ans. La révolution russe en 1917 voit la fabrique nationalisée et entraîne sa fermeture en 1918. Odhner retourne en Suède.
C’est en 1924 que la production en URSS sous le nom de Felix Arithmometer. Elle perdurera jusqu’en 1969 et on annonce le chiffre de 300 000 machines produites.
En Suède, Odhner continue la fabrication dès 1918. La société est alors baptisée Original-Odhner. Elle est revendue en 1942 à Atvidaberg Industrier. Elle continue de produire plus d’un million d’arithmomètres réputés. En 1965, les marques vont fusionner et devenir Facit.

En France, Atvidaberg Industrier implémentera une filiale en 1949.

Vous avez des informations sur le sujet ? Contactez-nous.

 

Principe de fonctionnement

En 1870, les arithmomètres se basaient sur des cylindres à picots pour les chiffres. Conçues par Leibniz, ces machines étaient d’une taille importante. L’idée d’Odhner consista alors à remplacer les cylindres par des disques et de les placer autour du même axe.
On parle alors de secteur de tambour.
C’est la pièce centrale qui optimise le processus tout en conservant le même principe. Sur chaque disque, neuf picots sont mobiles pour représenter les chiffres. Le fonctionnement reste identique, mais l’ensemble est simple et compact. C’est le succès de la formule. La machine est relativement simple à appréhender pour un utilisateur ordinaire.
Odhner achève le prototype en 1873 et le brevette en 1878. La production en masse commence en 1890.
L'arithmomètre d'Odhner fut largement copié et décliné à travers le monde. Durant des décennies, cette machine était le seul moyen d’automatiser un tant soit peu des calculs. À partir des années 60, l’électronique va rapidement supplanter les machines mécaniques et offrir bien plus de possibilités.

 arithmometre odhner 2

Spécifications techniques

Constructeur : Aktiebolaget Original-Odhner (Aktiebolaget = Entreprise) à Göteborg, Suède.

Distribué en France par la filiale française : Compagnie au 103 rue Lafayette Paris Xe, Tél. Trudaine 04-43 et 04-44. Le revendeur est le Comptoir Mécanographique du Centre, Établissements Henri Olivier, 15 quai Jean Moulin à Lyon Tél. Gail. 58-51 et 58-52. (Indicatif Gailleton dans la numérotation de 1946)


Modèle : M602-nr5 (certaines sources donnent ce modèle comme datant de 1936)


Période de construction : d’après les plaques d’identification, le quai Jean Moulin permet de savoir que la machine date d’après-guerre. La filiale française Original-Odhner a été créée en 1949. On est donc au début des années 50.
Le téléphone lyonnais à indicatif alphabétique correspond au Plan automatique national alphanumérique de 1946. Il sera abandonné en province pour le plan automatique national tout numérique de 1953.
La machine fut donc vendue entre 1949 et 1953.

 

Procédure de calcul

L’arithmomètre peut réaliser les 4 opérations. Elle dispose d’un opérande et d’un accumulateur sur 10 chiffres. Le quotient de division et le second facteur de multiplication sont sur 8 chiffres.
On peut reporter un résultat en opérande
En cas de dépassement de capacité, un indicateur sonore sous la forme d’une petite cloche façon machine à écrire tinte.
Pour faciliter les calculs, il semble qu’un incrément permet de déplacer le chariot de +1 ou -1 puis ou de libérer le chariot.
On déplace les picots pour définit son nombre sur le cylindre. La manivelle permet addition et soustraction suivant le sens. Le compteur de tours affiche en blanc pour des additions et en rouge pour les soustractions. Le résultat se lit dans l’accumulateur du chariot.
Les papillons et taquets permettent les remises à zéro. Grâce à des décalages du chariot, on peut travailler sur des multiples de 10 (dizaines, centaines, etc.)
De petits curseurs mnémotechniques permettent de positionner la virgule.
Au final, c’est opérateur qui jongle avec ces fondamentaux pour effectuer les calculs les plus complexes. Il décompose les opérations pour les exécuter.

 

Une publicité australienne d'Odhner pour
une machine dix ans plus récente : février 1956

odhner machine aus ad 1956.02

Go to Top