ico hp97s

A machine spéciale, traitement spécial... en effet, la HP-97S I/O apparue en 1977 est issue de la série 67 et 97 de Hewlett Packard sortie en 1976, conservant les mêmes capacités générales mais dédiée au traitement de signaux grâce à son boîtier d'interface.

 

hp ancienlogo

 

En effet, la firme Hewlett Packard a commencé son activité en fabriquant des appareils électroniques de mesure, et depuis 1965 une partie de sa gamme était connectable à leurs micro-ordinateurs, notamment par la liaison HP-IB, tellement répandue dans l'industrie qu'elle était même devenue en 1975 le standard officiel IEEE 488. Mais certains instruments de mesure simples ne nécessitaient pas l'usage d'un micro-ordinateur HP, et la HP-97S I/O a été conçue comme une alternative économique à ce problème. Bien sûr, il faut comprendre "économique" au sens HP du terme, c'est-à-dire extrêmement cher, mais quand même moins que de réaliser relevés de mesure et calculs à la main, autrement dit économiquement rentable pour des entreprises.

 

La machine

Fondamentalement, c'est une HP-97 normale auquelle a été rajouté un connecteur interne reliant un épais boîtier d'interface relié par un câble (en principe non démontable). Ce boîtier contenait en fait un convertisseur BCD sur quarante lignes via un connecteur Centronics 50 broches.

Le reste de la machine est identique à l'original, c'est-à-dire une version "de table" de la HP-67 "de poche", mais restant de taille réduite : ce n'est pas un HP-9825 ! Son confortable clavier est organisé en deux parties (arithmétique et fonctions), ses touches un peu trop hautes pour lire confortablement les légendes des fonctions secondaires, permettant justement par sa taille de n'avoir qu'une seule touche de préfixe (jaune) pour ces fonctions, au lieu des trois requises par le petit clavier de la HP-67. Son afficheur à diodes électroluminescentes 7 segments donne 10 chiffres plus deux pour les puissances de 10 (notation scientifique) et les messages de service Error et Crd. Comme sur la 97 normale, sont inclus du côté droit une imprimante thermique listant en clair les programmes (mais pas d'autre capacité alphanumérique) et le lecteur de cartes magnétiques compatible avec la 67 (fente en haut à gauche, la carte sortant par l'arrière), ainsi que les fonctions supplémentaires d'impression et les curseurs de réglage (densité, mode d'impression, passage en mode programme).

Par contre, pas de fonction supplémentaire pour la gestion de l'interface, car elle était dotée de quatre lignes de contrôle pilotées par l'état des quatre drapeaux (flag) internes de la machine, en particulier le drapeau 3 permettant d'attendre une introduction de données.

 

Utilisation directe

C'est exactement la même qu'avec une HP-97 "normale" : logique RPN avec une pile de quatre registres, LastX et les touches de service ENTER↑, x↔y, R↓ et R↑ pour l'arithmétique, et la panel (maintenant) habituel des fonctions scientifiques : trigonométrie (en degrés, radians ou grades), logarithmes, racines et puissances, conversions de coordonnées ou horaires, statistiques, notation scientifique, factorielle, etc... Un ensemble complet, mais les calculs directs ne sont pas l'intérêt majeur de cette machine, prévue pour l'utilisation programmée de son interface.

Son imprimante s'exploite via les touches PRINT SPACE (un espace), REG (les mémoires), STACK (la pile RPN), PRGM (liste du programme) ou x (le contenu de l'affichage), à moins que le commutateur d'impression soit en position TRACE (qui imprime tout ce qui passe par le clavier ou l'afficheur). Quant au lecteur de cartes magnétiques, il enregistre (en mode PRGM) et lit (en mode RUN) automatiquement, la touche W/DATA ne servant qu'à préciser qu'il s'agit d'enregistrer les mémoires et non le programme et la touche MERGE est utlisée pour concaténer un programme en mémoire et un autre sur carte. Les cartes utilisées sont communes aux HP-67 et 97 (et entièrement compatibles) et comportent deux pistes : si le message Crd s'affiche, alors il faut retourner (tête-bêche, pas recto-verso !) la carte et la réintroduire.

A noter l'accès direct à 17 mémoires (0 à 9, A à E et le registre d'index i) par STO et RCL et la fonction P↔S pour échanger les registres 0 à 9 avec les mémoires secondaires S0 à S9, donnant au total 27 mémoires numériques, et remarquer le  charme du clavier de la HP-97 par rapport à la HP-67 : seulement deux fonctions par touche, au lieu de quatre à rechercher sur la touche, dessus, dessous ou à côté...

 

hp97s

 

Programmation

Ici encore, l'on retrouve exactement les mêmes capacités que les HP-67 et 97, à savoir 27 mémoires numériques et 224 pas de programme et des fonctions complètes : branchement symbolique (GTO et LBL), pause, boucles (DSZ et ISZ), huit tests (affichage par rapport à zéro ou au registre de pile y), sous-programmes (GSB et RTN), 4 drapeaux (nous y reviendrons...), adressage indirect (via le registre i), dix touches d'appel direct d'un programme (de A à E et a à e via la touche de préfixe jaune). Ces caractéristiques, qui impressionnaient encore en 1976, ne sont plus transcendantes en 1977, des machines comme les Texas Instruments 58 et 59 ayant des capacités similaires ou supérieures pour un prix bien inférieur... Mais sans jamais égaler l'importante bibliothèque de programmes de la série 67/97, qui peut à elle seule justifier de n'avoir rien modifié pour assurer une compatibilité maximale. Cependant, une (petite) modernisation telle que la mémoire constante aurait quand même été appréciée : même le bas de gamme (de l'époque) HP-25 y a eu droit !

L'éditeur est lui aussi le même, avec BST et SST pour passer d'un pas de programme à l'autre, DEL pour le supprimer et insertion automatique. L'afficheur ne montre toujours que des codes numériques pas simples : 001 21 15 signifie qu'au pas n°1 il y a la fonction de la 2ème colonne et de la 1ère ligne (LBL) et l'argument entré par la touche de la 1ère colonne et de la 5ème ligne (E), autrement dit LBL E. Mais comme il y a trop de touches, celles de la partie droite sont codées en repartant de la 1ère ligne, 1ère colonne de droite et affichées avec le signe moins (-), tandis que les touches numériques (de 0 à 9) sont indiquées par les codes 00 à 09. Heureusement, l'imprimante les liste en codes et (enfin) en clair, ce qui simplifie considérablement la relecture.

Seule nouveauté par rapport à la HP-97 "classique" : le pilotage de l'interface BCD modifie deux détails de programmation : elle utilise le drapeau (flag) n°3 comme signal d'attente de données, et le code binaire 1101 comme demande d'exécution du programme identifié par LBL A par l'interface. Le résultat est transmis sous forme d'un nombre dont le codage élémentaire en bits, groupés par 4, détermine chaque chiffre : si l'appreil connecté envoie sur les huit premières lignes respectivement 00110100 (52 en décimal), le HP-97S I/O le recevra comme 3 et 4, autrement dit 34 à l'affichage (registre x). Cela n'a l'air ni clair ni facile, mais à l'époque on n'hésitait pas à se creuser la cervelle et à se contenter d'une telle rusticité pour pouvoir relier un instrument de contrôle de processus industriel à une machine programmable donc capable de le gérer (assez) finement. Il faudra encore attendre vingt ans pour connaître le Plug and Play et les périphériques USB automatiquement reconnus et installés...

 

Périphériques dédiés

Le convertisseur BCD, qui donne sa raison d'être (et son nom) à la HP-97S I/O : Input/Output (entrée/sortie). Mais on peut aussi considérer que les HP-97 en général sont aussi le périphérique imprimant des HP-67 (voir ci-dessous)...

 

Quelques ruses

Les cartes magnétiques des HP-97 et HP-67 sont entièrement compatibles entre elles dans les deux sens, ce qui permet d'imprimer sur HP-97 un programme enregistré sur une carte magnétique de HP-67. Mais comment s'affichent alors les codes des touches, ceux-ci n'étant absolument pas les mêmes puisque leurs claviers sont très différents ? Eh bien pas de problème, ils sont automatiquement transcodés (ou plutôt "transmogrified" comme le précise un manuel américain bien trop sûr de son orthographe...),.

Le manuel de la HP-97 déconseille formellement d'utiliser la machine avec son chargeur mais sans pack de batteries : vous voilà avertis !

 

Evolution

Comme exposé ci-dessus, la HP-97S I/O Ricochet est l'évolution de la HP-97Kittyhawk, elle-même version de la HP-67Hawkeye. Par souci de standardisation, les HP-97 fabriquées après l'introduction de la 97S I/O auront d'ailleurs la carte-mère que cette dernière, évidemment sans le câble ni le connecteur interne mais l'emplacement de ce dernier est clairement visible.

La gamme s'arrêtera là, ou presque : les cartes magnétiques des HP-67, 97 et 97S I/O sont compatibles avec la HP-41C et son lecteur de cartes 82104A, et une gamme d'instruments de mesure compatibles HP-IL pourront être pilotés par la même HP-41C et son module HP-IL 82160A dans le même esprit que la HP-97S I/O et son boîtier d'interface (en beaucoup plus efficace). Comme quoi l'idée était bonne !

 

Le coin du collectionneur

Comme toutes les HP, celle-ci est recherchée donc onéreuse. Mais encore plus car il s'agit vraiment d'un modèle rare, bien que sans grand intérêt par rapport à la HP-97 ordinaire (sauf si l'on détient aussi un instrument de mesure compatible, ce qui n'est pas courant non plus).

Côté fiabilité, outre l'habituel problème des accumulateurs nickel-cadmium fatigués (en double exemplaire, pour la calculatrice et pour le boîtier d'interface), il ne faut pas trop compter sur un lecteur de cartes magnétiques en état de marche : phénomène de "gummy wheel" (désagrégation avec le temps du galet d'entraînement en caoutchouc) et autres problèmes mécaniques sont très fréquents. De même, son imprimante souffrait (déjà à l'époque) de problèmes de surchauffe (le comble pour une imprimante thermique !) et il vaut mieux vérifier avant l'achat...

 

Caractéristiques techniques : Hewlett Packard HP-97S I/O

Généreux donateur : Philippe Dalleas (octobre 2004)

Microprocesseur : HP 8 bits
Système de calcul : notation polonaise inversée (Reverse Polish Notation) sur une pile de 4 registres + Last x avec les quatre opérations, puissance, fonctions trigonométriques et leurs inverses (en degrés, radians ou grades), logarithme et exponentielle, racine carrée, puissance, factorielles, conversions de coordonnées rectangulaires en polaires et inverses, conversions d'angle et sexagésimales, signe, valeur absolue, partie entière sur 10 chiffres significatifs et exposant +/-99 (notation scientifique ou ingénieur), statistiques sur deux variables
Langage de programmation : langage-machine spécialisé RPN
Mémoire : non constante de 224 octets de programme et 21 mémoires de données
Niveaux : 3 de sous-programmes (1)

Afficheur : diodes électroluminescentes d'une ligne de 12 chiffres et deux signes
Connecteurs : connecteur pour chargeur (machine), connecteur 50 broches type Amphenol 57-30500 (boîtier d'extension)
Dimensions : 229x203x64mm (machine), 190x105x32mm (boîtier d'extension) (1)
Poids : 1130 g. (machine), 210 g. (boîtier d'extension) (1)

Alimentation : pack de batteries rechargeables 82033A nickel-cadmium
Chargeur : 82066B Eurocharger, 8 V 3 VA alternatifs ; temps de rechargement : 6 heures machine éteinte, 17 heures machine en fonctionnement (1)
Autonomie : 3 à 6 heures (1)

Papier : thermique en rouleau de 57mm de largeur par 25m de longueur, type Hewlett-Packard 82045A (1)
Cartes magnétiques : modèle 00097-13141 (par 40), 00097-13143 (par 120), 00097-13146 (par 1000) (1)

Accessoires d'origine : pack de batteries 82033A déjà installées, chargeur 82066B, manuel de l'utilisateur, manuel d'installation, deux rouleaux de papier 82045A, étui 82035A et "Standard Pac" comprenant 14 cartes magnétiques pré-enregistrées, deux cartes magnétique de diagnostic, une carte de nettoyage, 24 cartes magnétiques vierges, un porte-cartes et le manuel d'instruction (1)
Date de sortie : 1977

(1) : Données constructeur

 

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