ico hp32sVoici une petite machine a l'aspect assez banal, mais qui cache bien son jeu : c'est en effet ce que tout possesseur de HP-34C aurait voulu : les mêmes performances avec un affichage alphanumérique, des menus pour éviter les touches multifonctions, une longue autonomie et une petite taille. Bref, tout ce qu'il faut pour une machine efficace mais sans grandes prétentions. Ne manque qu'un écran graphique, indispensable pour être à la pointe du progrès en 1988 !

hp logo

 

Cette machine à l'aspect tout simple a en effet tout ce qui était nécessaire (mais sans plus) à un lycéen ou étudiant de la fin des années 1980, sans pour autant tomber dans l'exotisme (et la puissance) de la HP-28S et son RPL (Reverse Polish Lisp, aussi appelé Ridiculement Pas Logique et Réellement Pénible à Lire). Mais la mode était aux calculatrices graphiques, et ce modèle est resté dans l'ombre malgré un prix enfin concurrentiel.

 

La machine

Petit boitier presque plat en plastique noir, elle ne paie guère de mine. Et pourtant, sa construction collée ou sertie à chaud la rend presque indestructible. Heureusement, car elle n'est plus démontable non plus, et ce n'est pas son étui aussi souple que fin qui la protégera... 37 touches abandonnant l'habituel pan coupé cher à HP, mais néanmoins agréables, un afficheur à cristaux liquides matriciel d'une ligne donne 10 chiffres et un exposant jusqu'à */-499 plus divers indicateurs, mais est aussi alphanumérique : adieu les codes de touches, bonjour les messages d'erreur clairs (mais en anglais). Une trappe à piles au dos et le tour est fait : c'est une machine simple et sans fioriture, ni périphériques, ni extensions...

 

Utilisation directe

Nous avons là une belle représentante de la famille des Pioneer, les dernières calculatrices Hewlett Packard à suivre la logique RPN (notation polonaise inversée) et sa pile de 4 registres et Last X. Il est certes moins instinctif de faire 1 ENTER 1 + que 1 + 1 =, mais cela se révèle souvent plus pratique, notamment car les erreurs de parenthèses sont évitées (puisqu'il n'y en a pas besoin) et parce que les résultats intermédiaires sont visibles. De toute façon la guerre entre systèmes RPN et algébrique se terminait, à l'avantage du dernier...

Toutes les fonctions scientifiques habituelles et statistiques sont disponibles, les principales sont directement accessibles en fonction primaire ou secondaire des touches, les moins utilisées (ainsi que les ordres de programmation) se retrouvent par menus. Car la grande idée de la famille Pioneer, c'est que les inscriptions de la partie centrale du clavier ne donnent pas une fonction, mais un accès à un menu de fonctions affichés en clair, tandis que les cinq touches sous l'afficheur sont provisoirement reconfigurées en touches de choix de menu. Ce qui permet d'éviter les touches de fonctions troisième, quatrième etc... sans pour autant avoir besoin d'un nombre démesuré de touches. Et dans le cas de cette machine, le nombre de fonctions n'étant pas énorme, cela reste simple (pas de cascades de menus).

Le tout en fait une machine complète, encore simple, assez souple pour trouver aisément toutes ses fonctions sans pour autant avoir un clavier surchargé, mais avec deux fonctions pratiques : SOLVE et  (intégration), héritées de sa lointaine ancêtre HP-34C. Avec une précision supérieure : 12 chiffres en interne (jusqu'à 10 affichés à la fois) et un exposant allant jusqu'à 499 en notation scientifique, et avec une arithmétique directe en mémoire : les 26 variables (nommées de A à Z) se stockent et se rappellent par les habituels STO et RCL, mais les syntaxes STO / ou RCL + sont également acceptées.

 

hp32s

 

Programmation

Coût et positionnement de gamme oblige, la HP-32S est franchement limitée par sa mémoire : 390 octets à partager entre variables (26 maximum, coûtant 8 octets chacune), instructions programmées (1,5 octets chacune), nombres programmés (inférieurs à 100 : 1,5 octets, supérieurs à 100 : 9,5 octets), données statistiques (48 octets), fonctions SOLVE (33,5 octets) et INTEGRATE (140 octets). Certes, ces octets ne sont alloués qu'en cas de besoin, mais la mémoire disponible se réduit quand même vite comme peau de chagrin...

Son langage est lui aussi limité : INPUT et VIEW (entrée et sortie de données avec un message alphanumérique affichant le nom de la variable), PSE et R/S, GTO..LBL, XEQ..RTN, 8 tests, 7 drapeaux, DSE et ISG (via menu LOOP), adressage indirect (via le registre i) et CHKSUM (somme de contrôle de programme). Même pas la moindre possibilité d'insérer un message alphanumérique ! Bref, on en revient aux performances d'une HP-34C, l'affichage en clair (et non en code) des programmes en prime. C'est peu, mais il fallait bien protéger le marché de sa grande soeur HP-42S !

 

Périphériques dédiés

Aucun.

 

Quelques ruses

Si la lecture d'un programme est maintenant "en clair", HP n'a pas définitivement renoncé à l'obscurantisme des codes : en effet, si un programme ne dépasse pas 99 lignes, chaque ligne est numérotée du nom du label initial suivi de deux chiffres (exemple : A01) ; entre 100 et 199 lignes, on repart à zéro avec un point décimal (exemple : A.01), et à partir de la 200ème ligne, c'est une virgule (exemple : A,01)...

 

Evolution

La HP-32S Leonardo sera remplacée par Nardo alias HP-32SII en 1991. Cette nouvelle mouture dans le même boîtier amène des fonctions supplémentaires telles que des conversions d'unités, un mode d'équations algébriques et surtout la possibilité d'entrer et calculer sur des fractions. Le clavier gagne également une seconde touche de préfixe pour augmenter le nombre de fonctions directement accessibles (sérigraphiés en  bleu et orange, et ensuite en vert et pourpre), mais la mémoire ne gagne malheureusement pas un seul octet...

Elles fonc toutes deux partie de la famille Pioneer, très prolifique puisque comprenant également les HP-10B, 14B, 17B et 17BII, 20S, 21S, 22S, 27S et 42S.

 

Le coin du collectionneur

 Physiquement indestructible, c'est une machine sans souci, mais relativement rare malgré tout.

 

Caractéristiques techniques

Microprocesseur : HP hybride Saca incluant un microprocesseur Saturn 4 bits
Système de calcul : notation polonaise inversée sur une pile de 4 registres et LastX, fonctions arithmétiques, puissances, exponentielles et logarithmiques, trigonométriques, hyperboliques, calculs de pourcentage, conversion de coordonnées, angles et fractions, probabilités, parties de nombres (fonctions modifiant des nombres) sur 12 chiffres significatifs et exposant jusqu'à 499 ; nombre complexes, bases 2, 8, 10 ou 16, statistiques sur deux variables (1)

Mémoire : 390 octets à partager entre variables, mémoires statistiques et programmes (1)

Dimensions : 148x80x15mm
Poids : 120 g.
Alimentation : 3 piles alcalines type LR44, A76, V13GA, au mercure type NP675, EP675E, MP675H, NR44, MR44, à l'oxyde d'argent type SR44, 357, SP357, V357 ou équivalent ; nota : les piles au mercure sont maintenant interdites de fabrication

Accessoires d'origine : 3 piles installées, manuel (314 pages en français), étui souple
Date de sortie : 1988

(1) : Données constructeur