Sorti en 1982, il est souvent considéré comme le premier "laptop" : clavier normal, mémoire constante, autonomie confortable, écran multilignes, Basic complet, c'est effectivement le premier ordinateur à réunir autant de qualités dans un encombrement réduit. Les professionnels ne s'y tromperont pas, et ce modèle se vendra très bien, malgré un prix en rapport avec ses performances.

 

La machine

C'est un gros boîtier en plastique solide, livré dans une mallette antichocs qui rajoute encore à sa protection. Et quand on dit "solide", c'est précisé dans le manuel : en fonctionnement, résiste aux vibrations de 55 Hz à 0.25G et aux chocs de 1 G maximum ; dans sa mallette, résiste 30 minutes de vibrations à 1300 Hz et à une chute de 0.5m ! Cet ordinateur était vraiment conçu pour être utilisé en conditions difficiles, ce qui a d'ailleurs intéressé les militaires, notamment la Bundewehr allemande...

Dans ce boîtier, un concentré d'informatique : deux microprocesseurs, 16 Ko de mémoire vive, 68 touches de taille normale et très agréables au toucher (dont 5 de fonctions, reprogrammables), un afficheur de 4 lignes de 20 caractères (de grande taille : 24x84mm utiles), une imprimante matricielle à ruban de 24 caractères de large et en option un magnétophone à microcassettes intégré. Sur les côtés, outre l'interrupteur et le réglage de contraste de l'afficheur, un poussoir de réinitialisation, la prise de rechargement des accumulateurs intégrés (40 heures d'autonomie), et de belles capacités d'interfaçage : RS-232C (4800 bauds), prise série spécialisée (38400 bauds), interface-cassette pour magnétophone extérieur, lecteur de code-barres et prise bus. Sous la trappe ventrale résident les ROM : quatre CI pour le Basic et un cinquième support libre pour des ROM de programmes, ainsi qu'un interrupteur quadruple DIP (les trois premières positions servant à définir le jeu de caractères national, le quatrième pour signaler la connexion à une unité de disques TF-20).

En fait, tout ce qu'il faut pour un ordinateur totalement autonome, se suffisant parfaitement à lui-même. Quant on voit que les seuls concurrents de l'époque (du genre Osborne ou Kaypro) ne faisaient rien sans prise de courant, n'avaient pas d'imprimante et pesaient plus de 10 Kg pour un encombrement de (grosse) machine à coudre, il ne pouvait que rencontrer un succès mérité.

 

Utilisation directe


Son menu d'origine laisse trois choix :

  • CTRL/@ Initialize pour le réinitialiser en effaçant toute sa mémoire et en réglant son horloge-calendrier intégrée
  • 1 MONITOR pour accéder au moniteur intégré
  • 2 BASIC pour programmer en Basic.

En effet, c'est un ordinateur pur : pas de mode "calcul" comme avec les pockets, tout doit être programmé. Bon, on peut néanmoins calculer sous Basic, en faisant précéder l'expression de PRINT, mais ce n'est guère pratique. Par contre, dès que l'on a donné un titre (par TITLE) a un programme Basic, il apparaît dans le menu de départ, comme s'il faisait partie du système ! Très pratique pour une machine qui n'était pas destinée qu'à des programmeurs, mais aussi à de simples utilisateurs.

 

Programmation

L'option 2 du menu précédent mène à un excellent Basic Microsoft complet : RENUM, DELETE, IF..THEN..ELSE, simple ou double précision, gestion graphique d'écran (et copie d'écran immédiate sur papier par CTRL PF1), gestion de fichiers (en RAM si besoin, protégé contre l'effacement), accès à l'horloge et au calendrier, touches de fonctions reprogrammables (ordres KEY et KEY LIST), musique (monodique) sur 4 octaves (SOUND), mais aussi gestion complète du magnétophone à microcassette (qui n' d'ailleurs pas de touches "lecture", "avance" ou "retour rapide" : tout est géré à partir du Basic, même le compteur de tours est accessible (variable TAPCNT) ! Quant à l'afficheur graphique, il est également une fenêtre sur un écran virtuel de taille choisie par l'utilisateur (dans les limites de la mémoire disponible, grâce à WIDTH et SCROLL).

Pour faire cohabiter plusieurs programmes, il y a cinq zones (accès par LOGIN), chaque programme pouvant se retrouver en accès direct sur le menu de base (grâce à TITLE). Cela permettait aisément de mettre cette machine entre toutes les mains, ce que quantité de professionnels n'ont pas manqué de faire pour fournir une solution complète (ordinateur+logiciel).

Et si cela ne suffit pas, la programmation en langage-machine est possible, grâce aux microprocesseurs 6803, version CMOS du 6801, lui-même compatible 6800...

 

Périphériques dédiés

  • H20MC : le périphérique essentiel, c'est un petit magnétophone à microcassettes entièrement piloté par le Basic (SAVE, LOAD, WIND n° compteur, lui-même accessible par la variable TAPCNT) qui s'intègre à droite du HX-20 (eh oui, même s'il était généralement vendu avec d'office, c'était une option !)
  • H20EU : sans doute le plus gros module d'extension mémoire connu ! Augmentant la largeur du HX-20 de 8cm, il se fixe par vis et pattes métalliques. Contient 16 Ko de mémoire supplémentaire, ainsi que deux supports pour ROM supplémentaires. Donne 29275 octets libres au lieu des 12891 d'origine.
  • H20RC : à la place du magnétophone, l'on pouvait mettre ce curieux module contenant jusqu'à 31 programmes (pour 32 Ko maximum) préprogrammés uen fois pour toutes, et que l'on chargeait en mémoire par LOAD pour les exécuter ensuite, comme s'il s'agissait d'un véritable magnétophone !
  • TF-20 : double lecteur de disquettes 5.25" 320 Ko dans un bien encombrant coffret de 6 Kg... Nécessite pour sa connexion un câble #707 branché sur la prise "serial", le réglage du commutateur interne DIP n°4 sur ON, et une disquette-système. Deux unités pouvaient être connectées en chaîne.
  • CX-20 : modem 300 bps avec coupleur acoustique sur batteries
  • H00BR : lecteur de code-barres
  • P-40 : petite imprimante thermique autonome sur papier de 112mm de largeur pour 20 à 80 caractères par ligne ; conçue plutôt pour les Epson PX-4 et 8, mais parfaitement utilisable pour le HX-20.
  • Et bien sûr des câbles : #702 (magnétophone externe), #705 (modem), #707 (lecteur de disquettes), #714 (imprimante), #716 (connexion entre deux HX-20). Ces câbles étaient vendus séparément, mais Epson ne cherchait pas à augmenter son bénéfice comme d'autres constructeurs, et fournissait tous les schémas de câblage dans ses manuels pour les réaliser soi-même ou réutiliser un câble.

 

Quelques ruses

Si en principe l'interpréteur Basic (sur ROM enfichable) était livré d'origine, il existe des HX-20 (généralement achetés en nombre par une entreprise pour usage avec un programme spécifique) qui ne l'ont pas ! Cela se voit dès l'allumage : s'il n'y a pas l'option 2 BASIC, c'est que cet ordinateur ne pourra que faire tourner le programme fourni en ROM.

 

Evolution

Cet ordinateur est en fait issu du HC-20 japonais (identique mais avec caractères japonais), et connaîtra sous le même nom HX-20 plusieurs versions nationales (clavier QWERTY américain ou anglais, QWERTZ, etc...). Cependant, on peut changer de jeu de caractères par trois interrupteurs DIP internes ou par logiciel (POKE...). En principe les versions américaines et françaises sont blanches, les versions anglaises et allemandes gris métallisé. Il existe également deux versions de la ROM Basic (1.0 et 1.1), de même que deux qualités de clavier, l'un avec des touches lisses, l'autre légèrement granité, mais identiques sinon.

Pas d'évolution pour ce modèle, il a été remplacé par les Epson PX-4 puis PX-8, conçus selon le même principe d'intégration et de mémoire constante, le PX-8 s'offrant même le luxe de la compatibilité CP/M et un écran de 8 lignes de 80 caractères.

 

Le coin du collectionneur

C'est une machine solide et sans soucis notables, mais qui n'intéresse que moyennement le collectionneur, et l'on peut donc assez facilement en trouver une sans se ruiner véritablement. Enfin pas cher, ça dépend des frais d'envoi éventuels... Ses périphériques intégrés ne posent pas plus de problème : son ruban encreur comme son papier sont toujours fabriqués en 2013, de même que les microcassettes du modèle standard. Par contre, la présence de l'interpréteur Basic est à vérifier impérativement, certaines machines livrées à des "grands comptes" n'en avaient pas (voir "Quelques ruses"ci-dessus).

Comme la machine se suffisait à elle-même, ses périphériques externes (genre lecteur de disquettes) ont eu peu de succès, et sont donc très rares. De même que son magnétophone : très souvent intégré à la machine, mais introuvable séparément !

 

Caractéristiques techniques : Epson HX-20

Généreux donateur : Pierre Chemel (juin 1997)

Microprocesseur : deux CMOS Epson 6301 8 bits 614 KHz (le second gérant les entrées/sorties)
Système de calcul : priorité algébrique avec les quatre opérations, puissance, fonctions trigonométriques, logarithme et exponentielle, racine carrée, en simple ou double précision (6 ou 16 chiffres significatifs) ; horloge et calendrier intégrés
Langage de programmation : Basic Microsoft en ROM
Mémoire : 12891 octets libres, extensibles à 29275 par extension externe (!)

Afficheur : cristaux liquides de 120 x 32 points soit 4 lignes de 20 caractères en matrices 5x7 ; fenêtre sur un écran virtuel jusqu'à 255 lignes de 255 colonnes (1)
Imprimante : matricielle à ruban-encreur 24 colonnes, adressable graphiquement (1)
Vitesse : 42 lignes par minute (1)
Connecteurs : DIN 8 broches TCS4480 femelle (RS-232C), DIN 5 broches TCS4450 femelle (TF-20) dite "serial", 2x jack monophonique femelle 3.5mm (MIC et EAR) et 1x jack monophonique femelle 2.5mm (EAR) pour magnétophone externe, jack 3.5mm femelle pour lecteur de code-barres, spécifique Epson 40 broches pour bus ; en interne, support de CI ROM 8 Ko
Dimensions : 290x215x44mm (1)
Poids : 1700 g. (1)
Alimentation : accumulateur nickel-cadmium intégré (4 éléments type Sub-C 1100mAh), type Epson RB-201 (1)
Chargeur : Epson H00AAU-A ou H00AAF (6V 600 mA négatif au centre) (1)
Autonomie : 40 heures de fonctionnement (1)

Papier : normal en rouleau de 57mm de largeur, type Epson H00RP-H
Ruban encreur : en cartouche, type Epson ERC-09B ou R

Accessoires d'origine : malette plastique rigide, ruban encreur, chargeur, manuel de l'utilisateur, manuel de référence Basic
Date de sortie en France : octobre 1982 (première publication dans L'Ordinateur Individuel n°41)
Prix public : 5900 francs sans microcassette, 7090 francs avec (mai 1983)

(1) Données constructeur

 

Caractéristiques techniques : Epson H20MC Micro cassette drive

Connecteur : 12 broches spécifique Epson
Dimensions : 94x65x22mm
Alimentation : par le HX-20

Cassettes : microcassettes type MC

Accessoires d'origine : manuel, étiquette autocollante pour les touches de fonction

Nota : généralement livré d'origine, c'était cependant une option ; interchangeable avec une ROM Cartridge H20RC

 

Caractéristiques techniques : Epson H20EU Expansion Unit

Capacité : 16 Ko RAM et deux embases supplémentaires pour 16 Ko de ROM ; pouvait être panaché en 8 Ko RAM + 24 Ko ROM

Connecteur : spécifique Epson 40 broches
Dimensions : 290x81x44mm
Alimentation : par le HX-20

Accessoires d'origine : notice de montage, 2 pièces de fixation en métal et 6 vis

 

Caractéristiques techniques : Epson H20RC ROM Cartridge

Capacité : 8, 16 ou 32 Ko en ROM pour 31 programmes Basic maximum

Connecteur : 12 broches spécifique Epson
Dimensions : 94x65x22mm

Nota : est géré comme le H20MC (FILES "PAC0:" pour le catalogue, LOAD "PAC0:nom_fichier" pour charger en RAM un programme avant de l'exécuter...). Logique puisqu'il prend sa place et son connecteur !

 

Caractéristiques techniques : Epson P-40

Impression : thermique matricielle 5x9, 20 à 80 caractères par ligne (9 jeux de caractères nationaux dont le français)
Vitesse d'impression : 1.2 ligne par seconde

Connecteur : DIN 6 broches compatible RS-232C (1)
Dimensions : 216x128x46mm (1)
Poids : 640 g. (1)

Alimentation : batterie rechargeable nickel-cadmium (1)
Chargeur : Epson H00AAF (6V 600ma négatif au centre) ; temps de recharge 6 à 7 heures (1)

Papier : thermique en rouleau de 112mm de largeur sur 30mm de diamètre (1)

Accessoires d'origine : chargeur, rouleau de papier, manuel (1)

(1)  : Données constructeur

 

Référence : les revues de l'époque

  • Publicités : Ordinateur Individuel n°49 page 227 (juin 1983) et n°63 page 52 (octobre 1984), Micro Systèmes n°26 page 26 (novembre-décembre 1982) et 45 page 214 (septembre 1984)
  • Essai : Ordinateur Individuel n°43 page 164 (décembre 1982), Micro Systèmes n°31 page 76 (mai 1983), Micros & Robots n°6 page 40 (avril 1984)

 

 

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